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L'ANSM suspend la commercialisation d'un spray nasal de prévention du Covid-19

Une femme en train de mettre du spray nasal. (Photo d'illustration)

Une femme en train de mettre du spray nasal. (Photo d'illustration) - Flickr - CC Commons - NIAID

La commercialisation d'un spray nasal présenté comme capable d'empêcher la contamination du Covid-19 par les muqueuses nasales a été suspendue par l'Agence nationale de sécurité du médicament.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé, ce lundi, suspendre la commercialisation du spray nasal de prévention du Covid à base d'eau ionisée: le "spray nasal COV-Defense", encore appelé "spray nasal Biokami".

Ce spray était présenté comme capable d'"assurer l'inactivation du virus Sars-CoV-2 à plus de 99%", selon ses concepteurs, à savoir la société française Pharma & Beauty – Centrepharma, basée dans les Bouches-du-Rhône. Le fabricant avait annoncé la commercialisation de ce spray le 1er mars en pharmacie et mi-mars en parapharmacie et pharmacie en ligne.

Pour justifier sa décision (datant du 19 février), l'ANSM pointe du doigt le manque de données permettant d'affirmer que ce spray présenté comme virucide par l'entreprise cosmétique est réellement "performant" et "sécurisé".

Des médecins sceptiques devant ce dispositif

"Malgré les allégations du fabricant, nous n'avons pourtant reçu aucune donnée de validation clinique démontrant la performance et la sécurité d'utilisation de ce spray, condition indispensable pour qu'un dispositif médical puisse être mis sur le marché selon la réglementation européenne relative aux dispositifs médicaux", indique l'agence de régulation dans son communiqué.

La mise sur le marché, la distribution, la publicité et l'utilisation de ce produit est donc suspendue par décision de police sanitaire (DPS) sur le territoire français. Par ailleurs, la société Pharma & Beauty – Centrepharma est "tenue de procéder au rappel des lots de ces dispositifs et d'informer toutes les personnes physiques ou morales susceptibles de détenir les produits concernés", précise encore l'ANSM.

En octobre dernier déjà, les médecins n'avaient pas caché leur scepticisme face à l'efficacité d'un tel dispositif médical. "Dans la mesure où il n'y a pas de preuve d'efficacité, il n'y a pas d'effort pour montrer l'efficacité, c'est quand même difficile de proposer cela surtout en prévention d'une maladie qui peut être très grave", avait notamment mis en garde Renaud Piarroux, chef de service à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) sur BFMTV.

Jeanne Bulant