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Johnny Hallyday, Bernard Tapie… comment la parole a brisé le tabou du cancer

La famille de Bernard Tapie a révélé qu’il souffrait d’un cancer de l’estomac ce dimanche. En mars, c’était Johnny Hallyday qui avait choisi de parler publiquement de cette maladie dont le tabou se brise progressivement. Néanmoins, certains types de cancer restent plus difficiles à évoquer, comme l’expliquait la cofondatrice du magazine "Rose", ce lundi sur BFMTV.

365.000. C'est le nombre de personnes qui chaque année en France apprennent qu'elles sont atteintes d'un cancer. Pendant très longtemps, la maladie est restée un tabou que personne n'osait aborder.

Mais avec le temps, les langues se délient et les malades osent parler du drame qu'ils traversent. Dernier exemple en date: Bernard Tapie, dont la famille a révélé dimanche qu'il souffrait d'un cancer de l'estomac. Avant l'homme d'affaires, Johnny Hallyday avait lui aussi fait le choix de parler publiquement de sa maladie.

"La parole est repassée du côté des patients"

Parler du mal qui nous ronge, un acte "fondamental" dans le traitement selon le cancérologue Claude Maylin qui a rappelé ce lundi sur BFMTV à quel point "le soutien psychologique est capital aussi bien pour le patient que pour la famille".

Céline Lis-Raoux était elle aussi sur notre plateau. Il y a six ans, cette survivante du cancer a cherché à lancer "Rose", un magazine destiné aux femmes atteintes par la maladie.

Elle a raconté qu'au moment où elle cherchait à lancer ce média, aucun groupe de presse ne voulait suivre l'initiative. "Personne ne voulait parler du cancer parce que ça faisait peur aux gens", se souvient-elle, estimant que les "lignes ont bougé" lorsque "la parole est repassée du côté des patients".

"Certains cancers portent le poids de la culpabilité"

La journaliste a par ailleurs expliqué qu'il y avait une "levée des tabous pour certains cancers, mais pas pour tous".

Selon elle, il y a ainsi des cancers comme celui du sein que l'on conçoit généralement comme celui de "pas de chance". "Vous n'avez pas fumé pas bu mais vous avez un cancer", indique-t-elle.

En revanche, "d'autres cancers portent le poids de la culpabilité mais sont plus compliqués à avouer". C'est le cas notamment du cancer du poumon, "quelque part on dit aux malades 'Tu as tellement fumé, tu l'as bien cherché'".

Un malaise qui provoque une grande "solitude" chez les personnes traversant ce type d'épreuve. Or, d'après Claude Maylin le fait de "garder le moral" est nécessaire pour les patients qui veulent espérer guérir. Enfin, il a rappelé que des progrès "immenses et formidables" ont été faits dans le traitement de la maladie.

M.-C.M.