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"Je crains un feu d'artifice": un infectiologue s'alarme de la reprise de l'épidémie de Covid-19

Des infirmiers à l'hôpital Lariboisière, à Paris

Des infirmiers à l'hôpital Lariboisière, à Paris - JOEL SAGET

Dans une interview accordée au Parisien, le professeur Xavier Lescure, chef de service adjoint à l'hôpital Bichat, rappelle que "quand la machine est lancée, il est difficile de l'arrêter".

"C'est maintenant qu'il faut être aux aguets." Alors que les principaux indicateurs épidémiologiques en France prennent une tournure inquiétante, les hôpitaux tentent de se préparer à une probable deuxième vague de Covid-19. Dans un entretien accordé au Parisien, le professeur Xavier Lescure, chef de service adjoint de l'infectiologie à l'hôpital Bichat, s'alarme du relâchement de la population face au virus.

"Aucun des marqueurs prédictifs de l'épidémie n'est bon. Or, l'expérience de la première vague nous le dit: quand la machine est lancée, il est difficile de l'arrêter", prévient-il.

Le médecin affirme que, pour l'instant, les hôpitaux ne sont pas saturés. "Mais l'erreur serait d'attendre la flambée pour sonner le rappel. (...) Si, collectivement, nous ne sommes pas plus vigilants face au virus, je crains un feu d'artifice, aux alentours du 15-20 septembre", s'inquiète le professeur Lescure.

Davantage de patients jeunes

Cette période se trouve à cheval entre la fin des vacances et le retour au travail, ce qui coincidera avec le temps d'incubation de la maladie. À l'aube de cette deuxième vague, les patients demeurent principalement des "personnes âgées ou celles avec des fragilités, des comorbidités ou très immunodéprimées".

"Il y a aussi des patients plus jeunes et/ou avec des formes moins sévères que lors de la première vague", précise l'infectiologue.

Et d'ajouter que, même s'il y a "beaucoup plus de tests et de mieux" que lors de la première vague, il est nécessaire qu'il y ait "une adhésion totale de la population aux gestes barrière". "Je ne suis pas là pour juger, mais la rave party en Lozère, c'était de la folie", dit-il.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV