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Plusieurs cas de Covid-19 dans un centre de rétention de Seine-et-Marne

Le coronavirus Covid-19 vu au microscope - Image d'illustration

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Cinq personnes retenues dans ce centre situé près de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle et quatre policiers y officiant ont été testés positif au coronavirus.

Cinq personnes retenues au centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) et quatre policiers y officiant ont été testés positif au Covid-19, a appris l'Agence France-Presse (AFP) ce jeudi de source policière.

La Cimade, association qui accompagne les étrangers en procédure d'expulsion retenus dans les CRA, réclame la "fermeture immédiate par mesure de précaution" de ce centre situé près de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, et indique avoir saisi le contrôleur général des lieux de privation de liberté et la Défenseure des droits.

Deux premiers cas, détectés dimanche parmi les étrangers retenus, ont été transférés au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne), selon la source policière.

Un vaste dépistage prévu

Trois autres personnes, qui avaient été en contact avec eux, ont été diagnostiquées trois jours plus tard. Elles ont également été transférées dans ce centre habilité à accueillir des cas de Covid.

Parmi les policiers qui travaillent au CRA du Mesnil-Amelot, quatre ont été testés positif. Aucune des personnes contaminées n'a été hospitalisée, selon cette même source.

Depuis lundi, le centre n'a accueilli aucun nouvel arrivant, et un vaste dépistage doit être effectué vendredi, a précisé la source policière.

"Les tensions sont fortes"

"Bien que l'on ne connaisse pas à ce jour l'étendue de la contagion, de nouvelles personnes ont été enfermées ce week-end au Mesnil-Amelot où les tensions, selon les témoignages recueillis, sont fortes", a dénoncé dans un communiqué la Cimade, qui a décidé d'y "interrompre sa présence physique".

Selon elle, "l'Unité médicale du CRA (UMCRA) prône une fermeture pour désinfection et considère le maintien en rétention des personnes comme incompatible avec les mesures d'isolement à respecter pour limiter la contagion".

L'association ajoute que "les salariés de l'entreprise chargée du nettoyage ont exercé lundi matin leur droit de retrait lorsqu'ils ont appris la propagation de l'épidémie".

Une "situation critique"

Elle estime que "les conditions d'enfermement ne permettent pas de respecter pleinement les gestes barrières et mettent en danger les personnes étrangères privées de liberté en rétention administrative". "Aussi, face à cette situation critique", elle "demande la fermeture de tous les CRA".

Le 27 mars, le Conseil d'Etat avait rejeté une demande de fermeture de ces centres, assurant qu'ils ne constituaient pas "un facteur d'évolution de l'épidémie".

Mi-avril, l'ancien Défenseur des droits avait de nouveau réclamé leur fermeture, jugeant "indéniable" le risque de contamination au Covid-19 des étrangers qui y sont détenus et critiquant les mesures de protection des autorités.

F.B. avec AFP