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INFOGRAPHIES. Le Covid-19 "regagne-t-il du terrain" en France? Voici ce que disent les chiffres

Infographie sur la circulation du Covid-19 en France

Infographie sur la circulation du Covid-19 en France - BFMTV

Quelques jours à peine après avoir enclenché la dernière étape du déconfinement, le gouvernement alerte sur une possible reprise de l'épidémie. Que disent les indicateurs sanitaires? BFMTV.com fait le point.

Alors que les indicateurs de l'épidémie s'amélioraient de jour en jour depuis le déconfinement, "depuis un peu moins d'une semaine, la tendance semble s'être inversée" selon Gabriel Attal, interrogé sur France Inter ce lundi. Pour le porte-parole du gouvernement, "l'épidémie regagne du terrain". Un constat partagé par le ministre de la Santé, Olivier Véran:

Pourquoi le gouvernement s'inquiéte-t-il? BFMTV.com fait le point sur la situation sanitaire en se basant sur les chiffres de Santé Publique France.

• Le taux d'incidence repart légèrement à la hausse

Depuis le 26 juin 2021, le taux d'incidence, c'est à dire le nombre de nouveaux cas de Covid-19 pour 100.000 habitants, ne baisse plus et augmente même légèrement. Une tendance à laquelle la France n'était plus habituée puisque la courbe des contaminations diminuait de manière quasi-continue depuis la mi-avril.

Il convient cependant de préciser que cette hausse est encore très faible pour le moment : moins de 15% d'augmentation entre le 26 juin (taux d'incidence de 18,7) et le 1er juillet (taux d'incidence de 21,5). L'infographie ci-dessous vous permet de voir l'évolution du taux d'incidence ces derniers jours.

Si cette hausse paraît légère tous âges confondus, elle est plus impressionnante chez certaines catégories d'âge. Chez les 20-29 ans, le taux d'incidence a en effet augmenté de 46% entre le 26 juin (35,6) et le 1 juillet (52,1). L'évolution reste plus faible et moins rapide chez les 10-19 ans et les 30-39 ans, mais on note tout de même une légère augmentation ces derniers jours.

Une tendance extrêmement préoccupante car on sait désormais que si le virus circule chez les jeunes, il risque fortement de se diffuser dans le reste de la population au cours des prochaines semaines.

C'est ce qui était arrivé l'été dernier en France. Relativement faible et stable depuis le mois de mai 2020, le taux d'incidence des 20-29 ans avait commencé à augmenter à partir de fin juillet, passant de 10 à 30 début août 2020, puis frôlant les 200 à la fin de ce même mois. Le taux d'incidence des personnes âgées de plus de 40 ans était lui resté stable jusqu'à la mi-août, atteignant le cap des 200 "seulement" début octobre 2020.

Ce scénario se répète actuellement au Royaume-Uni. Dans ce pays confronté au variant delta, trois contaminations sur quatre concernent des personnes âgées de moins de 40 ans. On ne constate cependant pas pour le moment de forte augmentation des cas graves - hospitalisations, décès - probablement grâce à la large couverture vaccinale du pays.

• Pas de hausse des cas graves pour le moment en France

En France aussi, le nombre de cas graves n'augmente pas sensiblement pour le moment. Le nombre de personnes hospitalisées et de morts quotidiens à l'hôpital baisse quotidiennement depuis la fin du mois d'avril et la tendance ne semble pas s'inverser comme le montre les infographies ci-dessous.

Il faudra cependant surveiller ces chiffres au fil des prochaines semaines, car on sait qu'il y a toujours un décalage de deux à trois semaines entre les courbes des contaminations et celles des cas graves. Celles-ci ne devraient cependant pas "exploser" d'ici la fin du mois de juillet, étant donné que les jeunes - chez qui le nombre de cas augmente actuellement - développent peu de formes graves. En revanche, si le virus circule comme l'été dernier, c'est à dire d'abord chez les jeunes puis chez les populations plus âgées, on pourrait assister à une hause des cas graves en août ou en septembre.

Deux paramètres changent cependant la donne cette année par rapport à l'été 2020. Le premier est le variant delta - bien plus contagieux que la souche du virus qui circulait en juillet dernier - qui pourrait représenter "80 à 90% des cas d'ici fin août" selon l'épidémiologiste Arnaud Fontanet. Le second est la campagne de vaccination, qui protège contre les formes graves du virus, mais commence à ralentir en France, notamment chez les jeunes.

Louis Tanca Journaliste BFMTV