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Grippe, gastro-entérite: les virus saisonniers sont absents à l'approche de l'hiver

Alors que le coronavirus circule toujours sur l'ensemble du territoire, les professionnels de la santé soulignent un retard d'autres virus saisonniers.

Où sont passés les virus de l'hiver? Alors que les regards sont logiquement tournés vers l'épidémie de Covid-19 qui touche la France depuis le début de l'année, de nombreux professionnels de santé remarquent que les autres infections, que l'on retrouve habituellement à l'approche de la saison hivernale, se font de plus en plus rares.

"Je constate effectivement qu’il n’y a pas grand-chose, pas de petits rhumes, et encore moins de gastros. Je pense que les gestes barrières font bien leur effet", souligne un passant interrogé par BFMTV, très vite rejoint par une seconde qui se rappelle: "Les années précédentes, j'ai surtout eu des choses au niveau des poumons, mais cette année rien pour l'instant."

Baisse drastique

Dans les chiffres, cette baisse est également ressentie puisqu'en comparaison avec 2019, les cas de grippe ont drastiquement chuté.

"Ce que nous dit Santé publique France, c’est qu’il n’y a actuellement pas de circulation active des virus grippaux, aucun cas grave n’a été signalé, et seuls 7 virus grippaux ont été détectés à l’hôpital, dont au moins deux chez des personnes qui étaient de retour d’un voyage à l’étranger", analyse Caroline Dieudonné, journaliste au service santé de BFMTV.

En 2019, entre la 40e et la 49e semaine de l'année, la courbe s'était accrue pour atteindre environ une trentaine de cas positifs pour 10.000 visites aux urgences. En 2016, sur le même nombre de visites à l'hôpital, 49 concernaient des cas de grippes à la 49e semaine de l'année. Le bilan de l'épidémie de grippe lors de l'hiver 2019/2020 s'élève à 3.680 morts selon les estimations officielles.

En ce qui concerne la bronchiolite, là aussi la baisse est impressionnante. "Cela représente 3% des consultations SOS Médecins, 3% des passages aux urgences chez les moins de 2 ans, c'est donc dix fois moins que l'an passé", souligne Caroline Dieudonné.

Gestes barrière et vaccins

Sur le terrain également, les professionnels de la santé notent ce recul des contaminations hivernales, et tentent d'expliquer le phénomène. Si l'application des gestes barrières liés au Covid-19 est l'un des arguments les plus avancés, l'activité même des virus pose question.

"On sait que quand il y a un virus qui circule, il a tendance à prendre tout le monopole de l’environnement. Il n’y a pas de concurrence réelle entre les virus", explique auprès de BFMTV le docteur Karl Milexe, membre de SOS Médecins à Bordeaux.

Autre explication plausible: le taux record de vaccinations contre la grippe, qui selon des chiffres avancés par Le Parisien avoisine les 13 millions, contre "seulement" 10 millions en 2019.

"Il n'y a pratiquement plus de stocks nulle part. Que l'Etat soit obligé d'acheter 2 millions de doses à l'international, c'est du jamais-vu", fait remarquer Pierre Béguerie, président du conseil central de l'Ordre des pharmaciens, auprès du quotidien.

Toutefois, les Français ne sont pas encore sortis d'affaire, et le pic des maladies hivernales est attendu pour janvier et février.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV