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Euthanasie: faut-il faire évoluer la loi?

Le suicide assisté est déjà autorisé en Suisse et en Belgique. Mais d'après le député UMP Jean Leonetti, ces exemples ne sont pas forcément à suivre. (Photo d'illustration)

Le suicide assisté est déjà autorisé en Suisse et en Belgique. Mais d'après le député UMP Jean Leonetti, ces exemples ne sont pas forcément à suivre. (Photo d'illustration) - -

Alors qu'un groupe de citoyens mis sur pied par le Comité consultatif national d'éthique doit présenter lundi ses conclusions sur le suicide assisté, une élue du Nord relance le débat.

Il y a trois mois, la mère de Sandrine Rousseau, élue écologiste, ne respirait que sous oxygène. En phase terminale d'un cancer contre lequel elle se battait depuis 26 ans, elle a profité d'un moment seule, pour ingérer des médicaments. Elle avait laissé un mot demandant de ne pas appeler de médecin. Son agonie a duré neuf heures.

Un témoignage qui relance le débat sur l'euthanasie, au moment où un groupe représentatif de "citoyens" rend un avis sur ce thème, lundi 16 décembre. Cette "conférence de citoyens" mise sur pied par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et constituée d'une vingtaine de personnes représentatives de la population française, a réfléchi à la question délicate de l'euthanasie active et du suicide assisté, jusqu'à présent interdits en France. François Hollande, qui a promis une loi sur le thème de la fin de vie, a demandé ce rapport.

"Transgressions"

C'est pour tenter de faire évoluer cette loi que Sandrine Rousseau témoigne aujourd'hui.

Le suicide assisté est déjà autorisé en Suisse et en Belgique. Mais d'après le député UMP Jean Leonetti, auteur de la loi qui encadre la fin de vie en France, ces exemples ne sont pas forcément à suivre. "L'exemple suisse est simple, vous avez 30% des gens qui "bénéficient" de suicide assisté et qui n'ont pas de pathologie grave et incurable. Ce sont des gens qui sont âgés et qui sont las de vivre et qui demandent à mourir. Quand on ouvre des transgressions, apparaissent d'autres transgressions, qui aboutissent à des dérives".

Hollande favorable à une nouvelle loi

Le CCNE a lui-même déjà rendu un avis sur cette question en juillet, à la demande de François Hollande, dans lequel il indiquait que la "majorité de ses membres recommandait de ne pas légaliser l'assistance au suicide et/ou l'euthanasie".

Cet organe consultatif indépendant avait toutefois recommandé que les "directives anticipées" (dispositif prévu par la loi Leonetti, une personne indique par avance sa volonté sur les traitements à recevoir en prévision de sa fin de vie) deviennent "contraignantes pour les soignants sauf exception dûment justifiée".

Avant cela, le professeur de médecine et ex-président du CCNE Didier Sicard avait rendu un rapport, toujours à la demande de François Hollande, rejetant l'idée d'inscrire l'euthanasie ou le suicide assisté dans la loi française, mais recommandant pour certains cas la possibilité d'accorder un geste médical "accélérant la survenue de la mort".

Pendant la campagne présidentielle, le chef de l'Etat s'était pour sa part déclaré favorable à une nouvelle loi sur la fin de vie, tout en prenant soin de ne jamais utiliser le mot euthanasie.

M. R. avec Pierre Caillé et Kelly Laffin