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Revivez l'intégralité de l'interview de Didier Raoult sur BFMTV

Un peu plus d'un an après le début de l'épidémie de Covid-19 en France, le médecin, spécialiste des maladies infectieuses à l'institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, a accordé une interview exclusive à BFMTV.

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L'épidémie de Covid-19, "une expérience inouïe"

L'année que nous venons de passer a été "une expérience inouïe" parce que "il a fallu faire face à des défis permanents que l'on n'imaginait pas" pouvoir relever, conclut Didier Raoult.

"Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que c'est que d'accueillir 3000 personnes dans la même journée. Il a fallu faire face tous les jours à de nouvelles questions, de nouvelles organisations ce qui a été une expérience tout à fait extraordinaire", confie-t-il.

"Vous croyez que j'envie ces malheureux qui font de la politique?"

Interrogé sur ses ambitions, Didier Raoult nie toute perspective en politique. "Je prends un plaisir fou à faire ce que je fais, je me régale. Je suis plein de joie, cela m'amuse de découvrir des choses. Je suis un homme très heureux", a martelé le Professeur qui a apostrophé Bruce Toussaint ainsi : "Vous croyez que j'envie ces malheureux qui font de la politique? Je trouve que cela n'a aucun intérêt". "Je ne veux ni faire autre chose, ni vivre ailleurs", assure-t-il.

Didier Raoult refuse de dire s'il est toujours en contact avec Emmanuel Macron

"Etes-vous toujours en contact avec le président de la République?", demande Bruce Toussaint à Didier Raoult qui répond : "Cela ne vous regarde pas, je ne répondrai pas à cette question".

"J'ai beaucoup ri": Didier Raoult réagit à la plainte déposée par l'Ordre des médecins

Interrogé par la plainte déposée par l'Ordre des médecins, Didier Raoult indique ne pas encore avoir été convoqué. "Je suis très serein. J'aurais tout entendu dans ma vie, franchement il faut oser me traiter de charlatan", lance-t-il, qualifiant cette plainte de "cocasse". "J'ai beaucoup ri", confesse-t-il.

"Nous ne sommes pas des fées avec des baguettes magiques"

"Il ne faut pas manager les crises par la peur", estime le Professeur Raoult qui considère que "cela représente un risque à moyen terme".

"Si tout ne s'arrête pas comme prévu, le désespoir va prendre des proportions considérables et notre crédibilité va diminuer". Or, "nous avons besoin de rester crédibles et de dire que nous ne sommes pas des fées avec des baguettes magiques", explique-t-il.

"Je considère qu'il faut être prudents quand on se lance dans de grandes innovations sans prendre le temps d'en évaluer paisiblement les risques et les bénéfices", ajoute Didier Raoult.

Didier Raoult refuse de dire s'il est vacciné

"Ma santé ne vous regarde pas", répond Didier Raoult à Bruce Toussaint qui lui demande s'il est vacciné. "A vue de nez, je pense que la majorité des soignants de l'IHU de Marseille le sont", affirme-t-il toutefois.

"Je ne suis pas militant, je ne fais d'appel" à la vaccination, déclare-t-il. "Le vaccin joue probablement un rôle dans la diminution de la population sensible et devrait amener à observer une diminution du nombre de cas".

"Je ne me prends pas pour un prophète. C'est une maladie qui est très peu immunisante. L'infection naturelle, elle-même, est mauvaise. On verra la durée de vie du vaccin, il y a des variants qui résistent à un certain nombre de vaccins. C'est pour cela que je dis que le vaccin n'est pas une baguette magique", répète-t-il.

"Je crois que les Chinois mentent moins que nous"

"Vous croyez vraiment que je crois ce que les gens disent ici ? Mais vous rigolez!", lance Didier Raoult qui se dit persuadé que "les Chinois mentent moins que nous".

"Nous n'étions pas prêts" à faire face à une telle crise sanitaire

"Je pense que nous n'étions pas prêts", concède Didier Raoult, interrogé sur la gestion de la crise sanitaire par les autorités françaises. "Le système dans lequel nous vivons, dans lequel tout le monde change tout le temps, n'est pas raisonnable", estime-t-il, déplorant "l'instabilité gouvernementale et l'instabilité des plans" dans le domaine de la santé.

"Je ne suis pas du tout un complotiste"

"Je ne suis pas du tout un complotiste", assure Didier Raoult qui confie "ne pas croire qu'il y a un grand chef d'orchestre qui manipule tout". "La corruption existe mais la manipulation des populations pour des objectifs distants, je n'y crois. Je ne crois pas qu'on organise la peur", affirme-t-il.

"Je ne crois pas que l'on puisse contraindre pendant très longtemps une population à ne plus rien faire. Ce n'est pas un objectif atteignable et je crois qu'au bout d'un moment, les gens se rebellent et finissent par mener leur vie".

"J'ai peur de la peur", poursuit Didier Raoult.

L'épidémie difficilement contrôlable en Europe où il y a "des mouvements de population considérables"

"Ce qui rend les choses et les comparaisons si difficiles, c’est que l’on est un carrefour de mobilités extrêmes", explique Didier Raoult. "La France, l’Espagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la Belgique sont des pays où il y a des mouvements de population considérables et où le contrôle des mouvements de population est extrêmement faible", ajoute-t-il.

"Nous voyons aujourd'hui des épidémies successives dues à des variants"

"Ce que nous voyons aujourd’hui, ce sont des épidémies successives dues à des variants différents qui n’atteignent pas les mêmes tranches d’âge et qui sont plus ou moins graves", constate Didier Raoult qui se refuse à employer le terme de "troisième vague".

Interrogé sur le variant anglais, il estime que ce dernier fait "chez nous moins de morts". Sur sa contagiosité, le médecin affirme "ne pas croire aux modèles qui permettent de mesurer la contagiosité d’un variant car c’est l’une des choses les plus difficiles à déterminer".

Face à ces épidémies successives, Didier Raoult appelle à "porter plus d’attention aux foyers animaux" qui selon lui n'ont pas été "assez surveillés". "Il y avait une alerte sur les visons en mai/juin 2020 et les mesures de contrôle n’ont pas été prises".

"Le remdesivir crée des mutants et des variants"

"Il y a des mutants qui sont créés par le remdesivir. Non seulement ce traitement ne marche pas, mais il crée des mutants et des variants", assure Didier Raoult. Une affirmation contredite par plusieurs études scientifiques, rappelle Bruce Toussaint.

Didier Raoult persiste: "l'hydroxychloroquine permet de diminuer de 75% le risque de mort"

Didier Raoult persiste et signe. Malgré de nombreuses études démontrant son inefficacité pour soigner les patients atteints du Covid-19, le Professeur assure que l'hydroxychloroquine permet de "diminuer de 75% le risque de mort".

Le médecin met en avant les résultats de trois études publiées ces quinze derniers jours: "une en Iran sur 28.000 malades, celle que nous venons de soumettre sur 11.000 malades, et une autre en Arabie Saoudite sur 5000 malades". "Les résultats sont les mêmes", affirme-t-il, expliquant que "l'hydroxychloroquine change le pronostic des gens".

"C'est juste une question de temps (pour que l'on me donne raison)", jure Didier Raoult, avant d'ajouter que "toutes les études qui montrent que l'hydroxychloroquine ne marche pas sont liées à des gens qui ont des conflits d'intérêt avec Gilead", le laboratoire américain qui produit le remdesivir.

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En réanimation, l’obésité est un facteur de risque prépondérant

"Deux choses se sont développées dans la qualité des soins", explique Didier Raoult. Premièrement, le fait que les réanimateurs n'intubent plus systématiquement les malades. Et deuxièmement, le changement dans la prise en charge en mettant les patients sur le ventre, "ce qui est plus particulièrement important pour les obèses".

"Quand vous êtes gros, et que vous êtes sur le dos, vous avez moins de poumon que quand vous êtes sur le ventre. Non seulement, les réanimateurs ont commencé à faire respirer les patients sur le ventre, et il s’est créé des lits qui sont creux au niveau de l’abdomen et qui permette à l’abdomen de tomber dans le creux pour qu’il ne vienne plus comprimer les poumons", explique-t-il soulignant que "les obèses n’ont pas la même capacité pour respirer que ceux qui ne sont pas obèses".

"Je suis toujours sincère" mais "je doute tout le temps"

Reconnaissant ne pas "tout comprendre" à l’épidémie de Covid-19, Didier Raoult assume être un "sceptique", estimant que "le scepticisme est la base de la science médicale". "La preuve de l’intelligence, c’est le doute. C’est parce que je doute que je pense, disait Descartes. Si on ne doute pas, on ne pense pas. Je suis toujours sincère" mais "je doute tout le temps", concède-t-il.

Le Covid-19 "n’a rien à voir avec la grippe espagnole"

Interrogé sur les épidémies qui ont frappé le monde durant les derniers siècles, Didier Raoult refuse toute comparaison. "Nous n’avons jamais eu, dans l’histoire de l’Humanité, une proportion de population qui est aussi âgée", souligne le médecin qui affirme que "l’âge moyen des gens qui sont morts ici, c’est 81 ans".

"Cela n’a rien à voir avec la grippe espagnole dont la spécificité était de tuer des gens jeunes. On ne peut pas comparer une épidémie qui tue les gens de plus de 75 ans avec une épidémie qui a tué des appelés du contingent pendant la Première guerre mondiale", explique Didier Raoult.

Le Professeur prévient que "ce phénomène risque de se reproduire car nous avons maintenant une population d’une très grande fragilité qui est susceptible de mourir avec des infections relativement peu graves pour les personnes qui ne présentent pas de facteurs de risques importants". "Et cela ne va pas s’arrêter parce que cette population, nous l’avons".

"C’est vieux comme l’humanité d’avoir un besoin de prédiction mais ce n’est pas mon rôle"

"J’ai passé mon temps à dire qu’il fallait être fou pour essayer de prédire quelque chose sur une maladie que l’on ne connaissait pas", affirme Didier Raoult qui qualifie le Covid-19 de "maladie humaine et banale". "Je ne dis pas que ce n’est pas important", nuance-t-il, soulignant que le CHU de Marseille est "probablement le centre qui a reçu et traité le plus de malades du Covid-19 au monde".

"C’est vieux comme l’humanité d’avoir un besoin de prédiction mais ce n’est pas mon rôle", ajoute-t-il.

Bilan de 100.000 morts: "ces chiffres n'ont pas pour moi un sens symbolique particulier"

"Un des débats qui va avoir lieu et qui va être l'un des plus compliqués, c'est: est-ce qu'un mort vaut un mort?", affirme Didier Raoult, qui estime que "nous n'avons jamais eu dans l'histoire de l'Humanité une proportion de population aussi âgée". De quoi expliquer, selon lui, le lourd bilan du Covid-19.

Pour le Professeur, le chiffre de 100.000 morts en France "n'a pas un sens symbolique particulier".

Il révèle qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur, "il n'y a pas eu d'années de vie de perdues en 2020 dans toute la région".

"Il y a eu en 2020, moins de morts parmi les moins de 65 ans qu'en 2019 ou en 2018"

Alors que la France vient de franchir le triste cap des 100.000 morts liés au Covid-19, Didier Raoult refuse de céder à l'émotion et souligne qu'il y a eu en 2020, "moins de morts parmi les moins de 65 ans qu'en 2019 ou en 2018".

"Toutes les morts ne sont pas équivalentes", considère le médecin qui indique que "88% des gens qui sont morts du Covid-19 au CHU de Marseille avaient une espérance de vie qui était inférieure à un an".

"Je suis médecin, j'ai de la compassion pour tout le monde. Mais il n'empêche que la perte de chance, ou la perte de vie ou d'espérance, n'est pas de même nature chez les uns et les autres", explique-t-il.

> Notre article complet à lire ici.

Bienvenue dans ce live

Bienvenue dans ce live consacré à l'interview exclusive que le Professeur Didier Raoult a accordée à Bruce Toussaint, dans son bureau de l'IHU de Marseille. Bilan du Covid-19, hydroxychloroquine, vaccin, variants... Le médecin, spécialiste des maladies infectieuses, livre ses analyses sur BFMTV, un peu plus d'un an après le début de l'épidémie en France.

Suivez en direct cet entretien avec nous.

Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV