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Déserts médicaux: la pénurie de praticiens guette Paris

Les médecins traitants pourraient devenir une denrée rare à Paris dans quelques années.

Les médecins traitants pourraient devenir une denrée rare à Paris dans quelques années. - -

Les départs à la retraite se multiplient, tandis que les nouvelles installations de médecins se font plus rares. En cause, le coût de l'immobilier, prohibitif, et le choix de devenir salarié plutôt que de s'installer en libéral. Reportage.

Si les déserts médicaux en province sont un phénomène connu du public, moins de gens savent en revanche que Paris est tout aussi menacé. Selon une récente étude, la capitale pourrait manquer de près de 800 médecins, toutes spécialités confondues, ce qui signifie des attentes plus longues avant un rendez-vous pour les Parisiens.

Exemple dans le 15e arrondissement, où d'ici cinq ans, 1 médecin sur 4 sera parti à la retraite. Le docteur Dubois, lui, a choisi de repousser l'échéance. A presque 70 ans, il est encore au service de ses patients. "Ici, beaucoup plus de médecins partent qu'il ne s'en installe. Les malades se reportent sur ceux encore en activité...", explique-t-il pour justifier son départ à la retraite sans cesse repoussé.

Un immobilier trop cher, le choix du libéral délaissé

Généralistes, pédiatres, gynécologues… la capitale se vide effectivement: seule une dizaine s’y installe chaque année, alors qu’ils sont plus de 100 à se retirer du métier. Outre le fait que de plus en plus de jeunes médecins préfèrent désormais être salarié plutôt que de travailler en libéral, avec un volume horaire très conséquent, l'un des obstacles majeurs demeure le coût de l'immobilier dans la capitale.

"Cela demande des investissements bien plus conséquents, qui peuvent aller jusqu'à 1 million d'euros, et aujourd'hui, c'est beaucoup trop pour un jeune généraliste ou un infirmier", estime Alexandre Farnault, de l'agence régionale de santé en Ile-de-France. "Cela crée un système sous tension, et très localement, on repère déjà des difficultés pour trouver un médecin traitant dans certains quartiers."

Pour Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV, "nous sommes rattrapés par une 'non-prévision' du fait que dans les années 70 à 90, nous n'avons pas anticipé que la population est vieilissante et a besoin de plus en plus de soins. Résultat, le nombre de médecins a été trop limité par souci d'économie". Et le risque de pénurie guette.

A. G. I vidéo: S. Thiebaut et N. Rios