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Dépistages massifs à Charleville-Mézières et au Havre: la population est-elle allée se faire tester?

Un site de depistage du Covid à Charleville-Mezières, 
le 14 décembre 2020

Un site de depistage du Covid à Charleville-Mezières, le 14 décembre 2020 - FRANCOIS NASCIMBENI © 2019 AFP

La première phase des dépistages massifs s'est terminée samedi, et si les premiers résultats sont encore loins des objectifs, deux autres campagnes sont prévues jusqu'à fin décembre.

Deux campagnes de dépistages massifs ont été lancées lundi 14 décembre dans les métropoles du Havre (Seine-Maritime) et de Charleville-Mézières (Ardennes). L'enjeu est de détecter de possibles cas positifs, afin qu'ils s'isolent avant les fêtes. La première partie de cette campagne s'est déroulée du 14 au 19 décembre, et les premiers résultats concernant notamment la participation, commencent à être disponibles.

On a une mobilisation qu'on ne connait pas encore précisemment parce qu'il y a différentes catégories de tests, mais on est aujourd'hui sur une mobilisation qui est encourageante", assurait samedi sur BFMTV Boris Ravignon, maire Divers Droite de Charleville-Mézières.

"Un tiers de notre objectif" à Charleville-Mézières

Les attentes sont grandes pour ces dépistages à grande échelle, mais la participation reste, pour le moment encore, inférieure aux attentes des municipalités. A Charleville-Mézières, "on attend le chiffre d'environ 4500 tests réalisés sur ces six premiers jours", explique le maire, assurant qu'il attend encore la remontée de certains résultats. Vendredi, le total des tests était de 3683, dont 1130 réalisés le jour même, 611 la veille.

À ces chiffres, "il faut ajouter tous ceux qui ont été réalisés chez les pharmaciens, dans les laboratoires pharmaceutiques, chez les infirmiers", explique Boris Ravignon. "On peut donc penser ainsi que c'est presque le tiers de notre objectif qui est atteint sur cette première phase".

Lui vise 15 à 20% de la population d'Ardenne Métropole testée - qui concentre 58 communes et 122.000 habitants - ce qui représente entre 18.000 et 24.000 personnes. Le compte n'y est donc pas encore, mais l'élu pense que les demandes de tests vont s'accélérer avec l'arrivée des fêtes.

Je crois qu'il faut redoubler de conviction, et que l'approche de Noël va diriger vers les centres de tests davantage de monde dans les jours qui viennent", assure-t-il, rappelant que la deuxième campagne aura lieu du 21 au 23 décembre, la troisième du 28 au 30.

Un habitant sur 9 testé au Havre

Au Havre, le maire de la ville Edouard Philippe avait dès le départ avertit dans le Journal Du Dimanche: "Je ne me fixe pas d'objectif. À Liverpool, ils ont réussi à tester environ un tiers des 500.000 habitants en quatre jours. Si on testait 50 % de la population, je serais le plus heureux des hommes! Nous serons sans doute en dessous", avait déclaré l'ancien Premier ministre.

Selon un bilan provisoire ce dimanche, sur les 270.000 habitants de la métropole, un peu plus de 30.600 ont été testés, soit un habitant sur neuf. "Les tests de laboratoire ne sont pas encore comptés, les tests dits PCR", déclare dimanche sur BFMTV Agnès Firmin-Le Bodo, députée Agir de Seine-Maritime et conseillère municipale au Havre.

C'est quelque chose de nouveau, une expérimentation qui a été montée très rapidement à la demande de l'État", explique-t-elle, rappelant que la campagne n'est pas terminée: "toute la semaine prochaine nous allons continuer à tester dans les endroits de santé et aussi au retour des vacances".

Quel est l'intérêt de ces campagnes?

L'enjeu de ces campagnes est de détecter des personnes malades, notamment asymptomatiques, et de les isoler afin qu'elles ne contaminent pas d'autres individus. S'isoler sept jours en cas de test positif est central pour que ce type de campagne ait un impact, car cela casse les chaînes de contamination. Les deux agglomérations ont d'ailleurs mis en place des solutions d'accompagnement - repas, chambre d'hôtel, garde des enfants... - pour permettre aux personnes testées positives de s'isoler.

Le gain il existera si dans la population les gens qui sont asymptomatiques, malades sans s'en rendre compte et qui peuvent donc contaminer les autres à leur insu, viennent se faire dépister. On arrive à les identifier et ensuite à enclencher les dynamiques d'isolement et de traçage", rappelle Boris Ravignon.

Le Conseil Scientifique s'était montré assez sceptique sur cette méthode, dans une note du 17 novembre 2020: "En l’état, le bénéfice d’une opération d’une telle envergure n’est pas encore établi. Les résultats préliminaires de modélisation poussent à la prudence, soulignant les nombreuses conditions qui doivent être remplies pour qu’une stratégie de ce type puisse réussir", est-il écrit.

Pour Agnès Firmin-LeBodo, ces campagnes ont au moins l'intérêt de "refaire passer les messages sur les gestes barrières", mais aussi de mettre en place "l'accompagnement de l'isolement qui dans les prochaines semaines sera un enjeu primordial pour rompre les chaînes de contamination".
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV