BFMTV

De la viande bovine tuberculeuse dans nos assiettes

Vache dans un pré. (illustration)

Vache dans un pré. (illustration) - Isamiga76 - flickr - CC

Le Canard enchaîné pointe du doigt cette pratique consistant à commercialiser de la viande contaminée au bacille de Koch. Sans aucune information des consommateurs.

Le constat dressé par le Canard enchaîné fait froid dans le dos. Quelque 8.000 vaches de races à viande, soit 3.000 tonnes commercialisées chaque année en France proviennent d'animaux tuberculeux. L'enquête du palmipède est partie d'une allusion d'un responsable de la Direction générale de l'alimentation (DGAL), qui a cru bon de spécifier que "personne n'a attrapé la tuberculose en mangeant de la viande de bœuf".

Sauf que si les consommateurs ne contractent peut-être pas la maladie, il n'en va pas de même pour les éleveurs et vétérinaires au contact des animaux. A noter que la maladie concerne au premier chef la viande de premier choix, celle provenant de bêtes contaminées dans le prés par les blaireaux.

Il serait inexact d'affirmer que les autorités sanitaires françaises ignorent le problème. Disons qu'elles l'accompagnent. Ainsi, tout bovin contaminé subit un examen post-mortem et si les organes que sont les reins ou le foie sont contaminés, le vétérinaire peut demander leur destruction, s'il s'avèrent qu'ils contiennent des traces du bacille de Koch.

Une réglementation européenne peu cohérente

Comment est-il possible que de la viande tuberculeuse soit déclarée bonne à la consommation? Un règlement européen de 2004 décide de la question, explique le Canard. A savoir que la "viande provenant d'animaux pour lesquels une inspection post-mortem a révélé la présence de lésions tuberculeuses localisées dans un certain nombre d'organes ou dans un certain nombre de zones de la carcasse doit être déclarée impropre à la consommation humaine". Et d'affirmer dans le paragraphe suivant que "seul l'organe ou la partie de la carcasse affectés doivent être déclarés impropres à la consommation humaine".

Autrement dit, tout le reste est vendable. A vil prix, souligne encore le canard puisque la grande distribution profite de l'effet d'aubaine créé par l'indemnisation des éleveurs dont des bêtes ont été contaminées. Pas franchement de quoi renforcer la confiance dans la filière bovine déjà entamée par le scandale de la viande de cheval. En plus de nos propres carcasses contaminées s'ajoutent celles de nos voisins britanniques, les normes étant plus permissives.

David Namias