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Covid: pourquoi la commune du Chambon-Feugerolles, dans la Loire, affiche un taux d'incidence record

Test PCR - Photographie d'illustration

Test PCR - Photographie d'illustration - Fred Tanneau

Ce taux impressionnant s'explique par l'existence d'un "cluster" dans un Ehpad et, aussi, par la proximité de la commune avec Saint-Etienne, ville particulièrement touchée par le virus.

C'est une donnée frappante. En se basant sur les statistiques de Santé publique France, France Info a classé les vingt communes de plus de 10.000 habitants ayant le taux d'incidence du Covid-19 le plus élevé. À savoir, le nombre de cas détectés par tranche de 100.000 habitants sur un laps d'une semaine.

C'est une commune de la Loire, Le Chambon-Feugerolles, qui arrive en tête de ce classement, avec un taux d'incidence proche de 1400 sur la semaine du 11 au 18 octobre. À titre de comparaison, l'arrondissement parisien ayant l'incidence la plus élevée (le 1er) affiche un taux de 610.

Périphérie de Saint-Etienne

Pour Le Chambon-Feugerolles, commune de plus de 12.500 âmes, ce taux d'incidence impressionnant se traduit par un total de 170 contaminations diagnostiquées entre les 11 et 18 octobre. Le maire, David Fara, donne plusieurs explications à cette forte circulation du Covid-19 dans sa ville. La première: sa proximité avec Saint-Etienne, très touchée par l'épidémie. Son espace métropolitain englobe Le Chambon-Feugerolles.

"On n'est pas une commune isolée, on est en plein dans la périphérie stéphanoise. Il y a des mouvements de population réguliers, entre ceux qui vivent ici et vont travailler à Saint-Etienne, ceux qui rentrent du boulot... Ça n'obère en rien le fait qu'on soit lourdement touchés bien sûr, mais il y a ce facteur-là qui joue", précise l'édile divers droite auprès de BFMTV.com.

Vice-président de Saint-Etienne Métropole, particulièrement touchée, il tient par ailleurs à insister que sa ville "travaille en parfaite intelligence avec Saint-Etienne dans le combat contre le virus".

"Situation sous contrôle"

Selon David Fara, les chiffres de Santé publique France sont vraisemblablement le reflet des contaminations remontant au début du mois. Or, rapporte le maire, il y a eu une trentaine de cas positifs diagnostiqués dans un Ehpad, celui de l'hôpital Georges-Claudinon. Il s'agirait principalement de résidants.

"C'est ce qui nous a fait décrocher de la métropole. Après, c'est ce que connaissent énormément d'Ehpad sur le territoire, malheureusement", observe-t-il. Il assure que d'après les retours de la direction de l'hôpital, "la situation est sous contrôle". Autrement dit, pas de résidants admis en réanimation. Il poursuit:

"On a mis en place des mesures strictes, on fait en sorte qu'elles soient respectées autant que possible par la population, en travaillant avec la police, en ayant un dialogue avec les associations et les clubs sportifs. Après, c'est comme partout, là où il est le plus difficile de faire respecter les mesures, c'est dans les réunions privées."

Tenté de relativiser, il voit un avantage à ce "record", c'est "justement qu'il produise un électrochoc".

"On a toujours des réfractaires aux mesures, soit des jeunes, soit des gens qui n'acceptent toujours pas le masque. Mais on est en couvre-feu depuis une semaine, ses premiers effets se verront dans une dizaine de jours", espère-t-il.
Jules Pecnard Journaliste BFMTV