BFMTV

Covid: le professeur Fontanet juge notre système de traçage inefficace avec autant de contaminations

Photo d'illustration

Photo d'illustration - Joël Saget

Saluant les restrictions dans les bars et dans les restaurants, l'épidémiologiste et membre du conseil scientifique appelle dans le JDD à un "sursaut citoyen" dans la lutte contre l'épidémie du coronavirus.

Arnaud Fontanet, chercheur de l'Institut Pasteur et membre du conseil scientifique, appelle à un "sursaut citoyen" dans la lutte contre l'épidémie du coronavirus. Interrogé dans le Journal du Dimanche, le spécialiste juge que faire baisser le nombre de contaminations quotidiennes doit être désormais la priorité. Non seulement pour freiner, bien sûr, la circulation du virus, mais aussi pour avoir une politique de traçage enfin efficace, ce qui n'est pas le cas actuellement.

"Le virus continuera à circuler tant qu'il ne sera pas rassasié, c'est-à-dire, tant que la moitié de la population n'aura pas été infectée ou vaccinée", rappelle-t-il. "Pour trouver un équilibre il faudrait passer des plus de 20.000 contaminations quotidiennes à 3000 environ. En-dessous de ce chiffre, le système de traçage des contacts redevient efficace. Au-dessus, c'est très difficile", affirme l'épiémiologiste.

"N'attendons pas tout du gouvernement."

Saluant les restrictions dans les bars et dans les restaurants, le chercheur demande ainsi aux citoyens d'"analyser les circonstances dans lesquelles nous prenons des risques" et de "limiter la fréquence et la taille des dîners entre copains".

"N'attendons pas tout du gouvernement. Nous avons applaudi les soignants pendant le confinement, il faut maintenant leur montrer du respect, agir pour leur éviter de replonger dans le chaos", poursuit-il, soulignant que "les trois semaines à venir vont etre compliquées dans les hôpitaux".

"La circulation du virus a déjà diminué de 50% grâce à nos efforts pour réduire nos contacts sociaux potentiellement infectieux", a-t-il par ailleurs salué. "Mais il faut les faire diminuer de 65%. Cela permettrait de faire baisser le fameux chiffre R (le taux de reproduction du virus, NDLR), à moins de 1: une personne contaminée en contaminerait moins d'une autre". Et pour le chercheur de conclure: "C'est à notre portée."

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV