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Covid-19: une variante du virus identifiée à Londres et dans le sud de la Grande-Bretagne

Le coronavirus vu au microscope

Le coronavirus vu au microscope - AFP

En réaction à une progression "exponentielle" de l'épidémie dans ces zones, 34 millions d'habitants en Angleterre sont désormais placés en zone d'alerte "très élevée."

Alors que la campagne de vaccination a débuté la semaine dernière au Royaume-Uni, la situation sanitaire est loin d'être idéale outre-Manche. Ce mercredi, pubs, restaurants, cinémas et musées de Londres sont contraints de fermer leurs portes pour la troisième fois depuis le début de la pandémie de coronavirus. Selon les médias britanniques, 34 millions d'habitants en Angleterre sont désormais placés en zone d'alerte "très élevée", le plus haut niveau d'alerte et de restrictions, soit 61% de la population anglaise.

La raison de ces nouvelles fermetures, une progression de l'épidémie "exponentielle" dans la capitale et plusieurs régions du Sud du pays dont l'Essex, le Kent et l'Hertfordshire. Selon plusieurs médias anglo-saxons, cette envolée pourrait être due à une nouvelle variante du Covid-19, repérée chez plusieurs patients récemment déclarés positifs.

Une théorie tempérée par Matthew Hancock, ministre de la Santé britannique. "Nous ne savons pas dans quelle mesure cela est dû à la nouvelle variante, mais quelle que soit sa cause, nous devons prendre des mesures rapides et décisives", a-t-il développé devant la Chambre des communes en début de semaine.

1000 patients touchés

Si l'impact de cette variante sur la situation sanitaire actuelle reste pour le moment inconnu, son existence est bel et bien réelle. Ce même Matthew Hancock a en effet confirmé la présence de cette nouvelle souche chez 1000 patients testés dans le Sud du pays.

En revanche, une interrogation se pose toujours à son sujet. Cette mutation est-elle plus présente dans cette zone en raison d'une plus forte incidence de l'épidémie, ou bien est-elle davantage observée car plus facilement transmissible? A l'heure actuelle, le médecin-chef Chris Whitty, lors d'une conférence de presse citée par Franceinfo, estime qu'il est encore trop tôt pour le savoir.

Cette mutation a été signalée à l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et dans le même temps, un consortium britannique nommé Covid-19 Genomics UK (COG-UK) a signalé que des enquêtes des autorités sanitaires britanniques étaient actuellement encours.

"Je ne suis pas stressé"

Si le mot mutation peut faire peur au premier abord, l'apparition de telles variantes n'est pas un cas unique. Dans un communiqué repris par le média canadien La Presse, Jonathan Ball, professeur de virologie moléculaire à l’université de Nottingham en Angleterre, souligne que si ces variantes peuvent renforcer les virus, il est également possibles qu'elles n'aient aucun impact sur la diffusion de la maladie. Il y a plusieurs semaines, une autre mutation avait été repérée chez des visons et de longue date, plusieurs équipes scientifiques britanniques et françaises travaillent sur ces changements.

"À ce stade, nous ne trouvons aucune preuve de lignées de Sars-CoV-2 significativement plus transmissibles en raison de mutations récurrentes", soulignaient ces derniers dans une étude publiée par la revue Nature.

Pour l'heure, les autorités sanitaires britanniques se veulent d'ailleurs rassurantes à ce sujet.

"Je ne suis pas stressé à ce stade. Rien ne suggère que cela causerait une maladie plus grave. Et les derniers avis cliniques disent qu’il est hautement improbable que cette mutation résiste à un vaccin", a de nouveau développé Matthew Hancock. "Il est trop tôt pour s’inquiéter ou non de cette nouvelle variante", confirme de son côté le Pr Alan McNally, de l’université de Birmingham, de nouveau cité par La Presse.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV