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Covid-19: un "léger ralentissement" en France, peut-être lié aux couvre-feux

Un malade du Covid-19 en soins intensifs dans un hôpital de Stains en banlieue parisienne le 12 novembre 2020

Un malade du Covid-19 en soins intensifs dans un hôpital de Stains en banlieue parisienne le 12 novembre 2020 - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Cette "légère baisse" concerne notamment le nombre de nouveaux cas confirmés, qui "diminue de 14% avec 286.972 nouveaux cas contre 333.371" la semaine précédente.

La circulation du coronavirus en France connaît un "léger ralentissement", peut-être lié aux couvre-feux imposés dans certaines villes mi-octobre avant le confinement, selon Santé publique France (SpF), qui appelle toutefois à la "prudence" en attendant la confirmation de ces tendances.

La semaine du 2 au 8 novembre "semble être marquée par un ralentissement de la circulation du SARS-CoV-2", même si "le niveau des indicateurs nationaux se maintient à un niveau très élevé", écrit l'agence sanitaire dans son point hebdomadaire publié jeudi soir.

Hospitalisations toujours en hausse

Cette "légère baisse" concerne notamment le nombre de nouveaux cas confirmés, qui "diminue de 14% avec 286.972 nouveaux cas contre 333.371" la semaine précédente. Les admissions à l'hôpital, elles, continuent à augmenter (+14%, 19.940), mais à un rythme moins élevé.

Ce ralentissement est "plus marqué à ce stade dans les métropoles qui ont fait l'objet des premiers couvre-feux", a commenté Patrick Rolland, expert de SpF, dans une conférence de presse en ligne ce vendredi.

C'est ce que semble montrer l'analyse des chiffres des 22 métropoles françaises réparties dans trois groupes: celles pour qui le couvre-feu a démarré le 17 octobre (dont Paris, Lyon ou Marseille), celles pour qui il a débuté le 24 (par exemple Nice) et celles qui n'en ont pas eu.

"Facteurs concomitants"

L'amélioration dans les métropoles qui n'étaient pas concernées par les premiers couvre-feux pourrait être liée à un "effet de résonance": même si leurs habitants n'étaient pas soumis à ces mesures, le fait qu'elles soient prises ailleurs a pu les inciter à modifier leurs propres comportements (par exemple, réduire leurs contacts).

Ces hypothèses doivent être prises "avec une extrême prudence", car "il y a des facteurs concomitants" aux couvre-feux qui ont également "pu jouer", a nuancé Patrick Rolland, en mentionnant par exemple les vacances de la Toussaint (17 octobre - 2 novembre).

C'est pourquoi il faut attendre de voir si toutes ces tendances se confirment "à partir de la semaine prochaine", selon Patrick Rolland.

"Trop tôt"

De même, "les effets de la mise en place du confinement (à partir du 30 octobre, NDLR) pourront être observés dans les prochaines semaines", souligne Santé publique France.

Malgré ces signes encourageants, les hospitalisations et les admissions en réanimation (+17%, 3.037 contre 2.605 la semaine d'avant) "poursuivent leur progression avec des niveaux proches de ceux des mois de mars et avril 2020", selon SpF.

Selon les chiffres quotidiens diffusés jeudi, le pic du mois d'avril en nombre d'hospitalisations a été dépassé, avec plus de 32.000. Et il est "trop tôt" pour dire quand le pic de la deuxième vague sera atteint, a jugé Daniel Lévy-Bruhl, de SpF:

"Par définition, le pic ne peut s'observer qu'une fois qu'il est dépassé."
Par JP avec AFP