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Covid-19: pourquoi préconise-t-on de vacciner par phases?

La Haute autorité de santé a dévoilé ce lundi ses recommandations pour la future campagne de vaccination.

La méthode quant à la future campagne de vaccination contre le Covid-19 semble se préciser. Alors que Moderna va déposer une demande d'autorisation de son vaccin aux États-Unis et en Europe, et que celui de l'alliance Pfizer - BioNTech pourrait être autorisé peu après le 10 décembre, la Haute autorité de santé (HAS) a dévoilé ce lundi ses recommandations stratégiques.

La HAS estime qu'il faut procéder par étapes, en vaccinant la population par strates. Ainsi, la Haute autorité préconise d'instaurer cinq phases vaccinales, compte-tenu des doses de vaccins qui seront disponibles en quantité limitée dans un premier temps, et du fait que certaines personnes sont plus à risque que d'autres face à la diffusion du virus.

Vulnérabilité et nombre de doses disponibles

Les personnes prioritaires seront les résidents des Ehpad, car ces derniers "cumulent les deux types de risque" du fait de leur âge et de leur exposition élevée avec la vie en collectivité.

Sur BFMTV ce lundi matin, la Pr Élisabeth Bouvet, présidente de la Commission technique des vaccinations à la HAS, a notamment souligné l'importance du critère du nombre de doses de vaccins disponibles.

"On sait que les personnes les plus vulnérables sont les personnes qui sont âgées et surtout celles qui vivent dans des conditions rassemblement. Les Ehpad sont des lieux, comme on le sait, où le virus Covid se transmet très facilement, où les résidents ont été très souvent infectés durant les première et deuxième vagues, et on sait que c'est dans ces endroits qu'il y a eu à peu près un tiers des décès", a-t-elle rappelé.

"Donc la population qui vit en Ehpad est la population la plus vulnérable pour le Covid-19 et compte-tenu du nombre de doses dont on va disposer, et de la période actuelle, il semble logique de se donner les moyens d'agir prioritairement sur cette population et d'aller vacciner les résidents des Ehpad ainsi que les personnels et professionnels qui travaillent à leur contact et qui ont pour eux-mêmes des facteurs de risque liés à leur âge ou autre", a indiqué Élisabeth Bouvet.

Procéder par strates

Après les résidents des Ehpad, viendrait l'ensemble des personnes âgées, en commençant par "les personnes ayant plus de 75 ans, puis les personnes de 65 à 74 ans ayant une comorbidité, puis les autres personnes de 65-74 ans", ainsi que les "professionnels du secteur de la santé, du médico-social et du transport sanitaire, en priorisant les professionnels âgés de plus de 50 ans" ou présentant un facteur de risque.

Cette délimitation, plus de 75 ans, a été choisie à partir des statistiques connues à ce jour. "On voit qu'au-delà de 75 ans, la mortalité augmente nettement, donc vraiment l'âge de 75 ans est un âge critique", note Élisabeth Bouvet, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales.

La troisième phase concernerait toutes les personnes entre 50 et 65 ans et les "moins de 50 ans mais à risque de forme grave", "l'ensemble des professionnels du secteur de la santé et du médico-social" et les "professionnels issus des secteurs indispensables au fonctionnement du pays", dont la liste sera "à définir par le gouvernement", par exemple la sécurité ou l'éducation.

"Une stratégie assez logique"

Dans un quatrième temps, la HAS recommande d'élargir la vaccination aux "professionnels dont l'environnement de travail favorise une infection (contacts réguliers du public, milieu clos...)" et aux "personnes vulnérables ou précaires ayant un pronostic moins favorable en cas d'infection par le Covid-19 (résident en hôpital psychiatrique, sans domicile fixe, détenus...)".

La cinquième et dernière phase concernerait les personnes de plus de 18 ans qui ne présentent pas de comorbidité, "sous réserve que les allocations de doses vaccinales auront été suffisantes pour vacciner chacune des populations prioritaires".

"C'est une stratégie assez logique, mais qui tient compte de la situation du moment, du nombre de doses qu'on va avoir, et des connaissances qu'on a des vaccins", fait valoir la Pr Élisabeth Bouvet.
Clarisse Martin Journaliste BFMTV