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Covid-19: pas de nouvelles restrictions? La piste du statu quo envisagée en Conseil de défense

Emmanuel Macron, Jean Castex et Olivier Véran lors d'un Conseil de défense à l'Élysée le 12 novembre 2020.

Emmanuel Macron, Jean Castex et Olivier Véran lors d'un Conseil de défense à l'Élysée le 12 novembre 2020. - THIBAULT CAMUS / POOL / AFP

Fidèle à sa volonté de reconfiner uniquement en guise "d'ultime recours", l'exécutif ne devrait pas annoncer de nouvelles mesures coercitives dans les heures à venir.

C'est une rengaine désormais bien connue: mercredi est le jour du traditionnel Conseil de défense. Ce jour à l'Elysée, Emmanuel Macron, en compagnie de plusieurs ministres, fera sur le point sur la situation épidémiologique en France et devra décider, en fonction des derniers indicateurs, du futur des mesures coercitives actuellement mises en place en France.

Seulement, selon les informations de BFMTV, c'est en réalité un statu quo de la situation actuelle qui devrait être décidé ce mercredi matin. Dès ce mardi, le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon avait d'ailleurs évoqué cette piste, en assurant que le confinement le week-end en Île-de-France n'était "pas d'actualité" - malgré la saturation de plus en plus forte des services de réanimation dans la région, et les critiques de certains soignants qui dénoncent une "erreur sanitaire".

Toutefois, le confinement à Dunkerque a déjà été prolongé pour les trois week-ends à venir par le préfet, tandis que la question reste en suspens dans les Alpes-Maritimes, où des élus locaux souhaitent retrouver une certaine liberté.

L'imbroglio francilien

Comment expliquer cet immobilisme de l'exécutif en Île-de-France, jugée irresponsable selon certains soignants? Selon nos informations, le confinement, même local, reste encore et toujours l'ultime option pour le gouvernement - une mesure "de dernier recours", disait Jérôme Salomon. Certes, le nombre de patients admis en réanimation augmente - le taux d'occupation des lits est désormais de 90% - mais pour l'heure, la situation n'explose pas dans la région en ce qui concerne d'autres indicateurs: le taux d'incidence de la maladie, la positivité des tests et le fameux R0 - le taux de reproduction du virus.

La décision concernant l'Île-de-France est également liée à une situation locale particulière. Selon un conseiller de l'exécutif, la situation est hétérogène dans les différents départements de la région et la capacité d'accueil en réanimation est plus forte qu'ailleurs en France - le taux d'occupation des lits est d'ailleurs nettement plus élvé dans les Hauts-de-France ou en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. De plus, la vie parisienne est actuellement largement amputée par le couvre-feu à 18h.

Défience envers le Conseil scientifique?

Par ailleurs, au sommet de l'État, on estime que personne ne semble en capacité d'expliquer l'évolution de l'épidémie en France, en particulier du comportement des différents variants sur le territoire. On est encore surpris chaque semaine par le virus, confiait une ministre à BFMTV ce mardi. L'exécutif prend ainsi ses distances avec les projections inquiétantes de certains scientifiques - qui ne sont pas réalisées pour l'heure - et martèle l'idée selon laquelle il faut encore tenir "quatre à six semaines", le temps que la vaccination et les mesures actuelles fassent leur œuvre.

Les autorités sont également soumises aux pressions et accusations d'injustice venues de certains élus locaux qui voient parfois dans les prises de décisions territorialisées un "deux poids, deux mesures". Ce n'est pas un confinement qu'il faut, mais plus de vaccins, jugent par exemple certains édiles du Pas-de-Calais.

Lassitude

L'exécutif est par ailleurs conscient de la lassitude des Français, presque un an jour pour jour après l'entrée en vigueur du premier confinement. De fait, le format actuel des prises de décision est-il toujours valable? Selon nos informations, il existe au ministère de la Santé une réelle interrogation autour de la nécessité de maintenir la conférence hebdomadaire du jeudi, au cours de laquelle les décisions sont annoncées.

Certains considèrent que ce tempo hebdomadaire mettrait une pression artificielle sur le gouvernement avec un même schéma qui se répète inlassablement: les médias qui interrogent dès le dimanche avant la réponse du jeudi, et une rengaine qui reprend dès le week-end suivant.

Agathe Lambret et Matthieu Croissandeau avec Hugo Septier