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Covid-19: malgré la stabilité des chiffres, des voix alertent face au risque de relâchement

Une interne enfile des gants de protection dans le service de médecine interne de l'hôpital Emile Muller de Mulhouse, le 16 février 2021

Une interne enfile des gants de protection dans le service de médecine interne de l'hôpital Emile Muller de Mulhouse, le 16 février 2021 - SEBASTIEN BOZON © 2019 AFP

La montée en puissance des différents variants du coronavirus fait notamment craindre une résurgence épidémique.

Alors que les indicateurs chiffrés de l'épidémie tels que le nombre de contaminations quotidiennes apparaissent relativement stables, la situation sanitaire n'est pas figée et les appels à la prudence se multiplient. Une baisse toutefois corrélée à une augmentation de la représentativité des variants parmi les nouveaux cas avérés de Covid-19.

"Il serait totalement déraisonnable de relâcher nos efforts et de crier victoire. La pression hospitalière (...) reste très forte, en particulier dans les services de réanimation. (...) La situation reste si fragile qu'un rien peut la faire basculer", a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal mercredi à l'issue du Conseil des ministres. Un appel réitéré ce vendredi sur France 2.

"L'heure n'est pas encore au relâchement de nos efforts, encore moins au relâchement de notre vigilance collective. (...) Nous ne sommes jamais totalement sortis de la deuxième" vague, a mis en garde le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une conférence de presse jeudi soir.

Sur BFMTV jeudi, l'épidémiologiste Yves Buisson, président du groupe Covid-19 à l'Académie nationale de médecine, a estimé qu'il ne fallait "pas se leurrer" vis-à-vis des variants qui vont "remplacer complètement, éliminer complètement le variant classique, traditionnel, qui circulait auparavant".

Mais pour le spécialiste, "il n'est pas dit que cette dominance va s'accompagner d'une résurgence épidémique (...) tout dépend du comportement des Français. Pour l'instant, ce comportement a permis de contenir l'épidémie", a-t-il complété pour étayer son appel à la vigilance.

"Attention à ce trompe-l'oeil"

Un an après le début de la pandémie et presque autant depuis les premières restrictions sanitaires, l'apparente stabilité des chiffres épidémiques ne doit pas conduire à abandonner ses efforts, martèle également l'infectiologue Denis Malvy dans les colonnes du Parisien. Pour ce membre du Conseil scientifique, praticien au CHU de Bordeaux, "nous sommes dans un entre-deux" avec la montée en puissance des variants.

"Pendant ce temps il y a un flou et comme nous sommes tous fatigués nous nous y raccrochons. Mais attention à ce trompe-l'oeil qui peut nous rendre trop optimistes et nous faire baisser la garde. Aujourd'hui, nous sommes dans l'incertitude", diagnostique le médecin.

Un constat qui semble partagé par Yves Hansmann, chef du service des maladies infectieuses du CHU de Strasbourg: "Au Royaume-Uni, la situation a dégénéré dès que le variant est devenu dominant, donc la situation peut évoluer dès la semaine prochaine", redoute-t-il dans les colonnes du Monde.

Lundi, le ministère des Solidarités et de la Santé a adressé une circulaire aux établissements de soins. "La situation épidémique est préoccupante", indique le document, les appelant à se réorganiser au plus vite. La direction générale de la Santé expliquait alors à BFMTV qu'il s'agissait "d'une démarche d'anticipation, qui tient compte d'une pression sanitaire de l'épidémie toujours forte".

Clarisse Martin Journaliste BFMTV