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Covid-19: Macron maintient son calendrier pour rouvrir le pays, mais cette fois sans fixer d'objectifs sanitaires

Emmanuel Macron participe à un cours à distance depuis l'Élysée, le 6 avril 2021.

Emmanuel Macron participe à un cours à distance depuis l'Élysée, le 6 avril 2021. - Christophe Ena / POOL / AFP

Le chef de l'État a indiqué mardi soir au Parisien n'avoir pas conditionné la réouverture des établissements scolaires "à des indicateurs sanitaires". Une posture qui diffère de celle prise par l'exécutif lors du deuxième déconfinement.

Leur rentrée se fera sans prise en compte de la situation sanitaire. Interrogé mardi lors d'un cours de classe virtuelle, Emmanuel Macron a assuré que le retour en présentiel des élèves de maternelle et de primaire se ferait bien le 26 avril, et la semaine suivante pour les collégiens et lycéens.

Je n’ai pas conditionné la réouverture des maternelles et des écoles, puis des collèges et des lycées, à des indicateurs sanitaires. Pourquoi? Parce que ces trois semaines d’absence physique de cours sont déjà un effort important", a répondu le chef de l'État à nos confrères du Parisien.

La date est fixée et n'est donc soumise à aucun objectif sanitaire chiffré à la différence du deuxième confinement comme le relève pour BFMTV Mircea Sofonea.

"Y a-t-il un objectif sanitaire de contrôle de l'épidémie à un niveau bas, ce qui serait souhaitable pour bénéficier d'une longue lune de miel post-confinement? Ou bien est-ce que c'est pour s'accommoder encore une fois d'un niveau élevé comme au mois de février?", s'interroge le maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses.

Les objectifs sanitaires non atteints lors de la deuxième vague

Le 24 novembre 2020, le président avait effectivement annoncé un déconfinement du pays en trois étapes. Si la première s'est tenue le 28 novembre sans objectifs sanitaires fixés, la deuxième devait avoir lieu le 15 décembre "si nous sommes bien arrivés autour des 5000 contaminations par jour et environ 2500 à 3000 personnes en réanimation". Des conditions qui n'ont jamais été remplies, ce qui a empêché la réouverture des salles de cinéma, des théâtres et des musées.

Emmanuel Macron a indiqué le 31 mars dernier que la réouverture de certains lieux pouvant accueillir du public débuterait "dès la mi-mai" mais "avec des règles strictes". Un calendrier à prendre avec des pincettes selon le gouvernement qui a, à plusieurs reprises, fait le SAV du président en précisant que c'était la situation sanitaire et l'avancée de la vaccination en France qui dicteraient le calendrier. Un calendrier cette fois-ci conditionné à quels chiffres à l'hôpital et à combien de contaminations quotidiennes? Nul ne le sait.

Les Français peu optimistes sur le calendrier

Avec 38.410 nouveaux cas quotidiens en moyenne sur sept jours et 5626 patients actuellement en réanimation, il est en tout cas difficile d'imaginer que le gouvernement conditionne, s'il se décide à le faire, la réouverture des terrasses des cafés et restaurants à la mi-mai en se fixant les mêmes objectifs sanitaires qu'en décembre dernier.

Les Français se sont pour leur part résignés à l'idée que les restrictions soient prolongées: selon un nouveau sondage Elabe "L'Opinion en direct" pour BFMTV diffusé ce mercredi, 75% des personnes interrogées s'attendent à ce que les dernières mesures sanitaires prises soient prolongées au-delà de quatre semaines.

"Les Français écoutent tous les soirs les chiffres et ils ne voient pas encore d'amélioration. Il y a eu un doute aussi sur l'efficacité des mesures annoncées par le président de la République [...] et puis il y a une forme de défiance à l'égard de la parole de l'exécutif par rapport aux engagements pris", avance sur notre plateau le président de l'institut d'études Elabe, Bernard Sananès, pour expliquer ces chiffres.
Hugues Garnier Journaliste BFMTV