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Santé

Covid-19: le variant Omicron est-il plus facile à détecter avec les tests salivaires?

Réalisation de tests salivaires dans une école de Bordeaux, le 25 février 2021

Réalisation de tests salivaires dans une école de Bordeaux, le 25 février 2021 - Philippe LOPEZ / AFP

Le variant Omicron serait présent de façon plus importante dans la salive, selon des chercheurs, ce qui le rendrait plus facilement détectable via un test salivaire, plutôt que par un test PCR.

Peu utilisés en France au profit des tests PCR ou antigéniques, les tests salivaires possèderaient pourtant un atout de taille face à la propagation du variant Omicron. Selon les premiers résultats d'une étude publiée dans la revue médicale MedRxiv et relayée par le New York Times, Omicron serait plus facilement détectable par le biais de tests salivaires, plutôt que via des tests PCR ou antigéniques, réalisés par voie nasale.

Selon une équipe de chercheurs de l'université du Cap, en Afrique du Sud, l'efficacité des tests salivaires s'élèverait à seulement 71% dans le cas d'une infection au variant Delta, mais monterait à 100% dans le cas du variant Omicron. Les tests PCR et antigéniques seraient en revanche plus efficaces dans le cas d'une infection au variant Delta, 100% d'efficacité, contre 86% d'efficacité pour le variant Omicron.

Cette différence s'expliquerait par une plus grande concentration du virus dans la salive par rapport à la voie nasale dans le cas d'une infection au variant Omicron. L'étude doit encore être validée par des pairs.

Une autre recherche, menée sur un échantillon restreint dans un centre de tests à San Francisco, aux États-Unis, pendant une vague Omicron, présente des résultats moins concluants, selon le New York Times. Sur les 22 personnes testées positives par voie nasale, seulement 2 d'entre elles ont été à nouveau testées positives par un test salivaire. Des recherches sont toujours en cours concernant l'efficacité des tests salivaires.

"Le virus apparaît d'abord au niveau de la bouche"

Des études ont été menées sur l'efficacité des tests salivaires dès les premiers mois de la pandémie. Malgré le scepticisme de certains scientifiques à l'égard de ces tests traditionnellement peu privilégiés, les résultats d'une douzaine d'entre elles suggèrent que ce type de test de détection serait efficace, selon des résultats parus en juin 2021 dans la revue médicale The Lancet.

"Il y a un faisceau de preuves croissant qui montre que les tests salivaires, au minimum, fonctionnent bien. Ils sont aussi efficaces, si ce n'est plus, (que les tests PCR) à condition que la salive soit collectée et analysée correctement", affirme le docteur Anne Wyllie, microbiologiste à l'école de santé publique de Yale auprès du quotidien new-yorkais.

"L'approche traditionnelle pour diagnostiquer des infections respiratoires est de privilégiée la voie nasale", explique le docteur Donald Milton, spécialisé dans les virus respiratoires à l'université du Maryland dans le journal nord-américain. Or, "le virus apparaît d'abord au niveau de la bouche et de la gorge. Ça veut bien dire que l'approche que l'on adopte à l'égard des tests est problématique", affirme-t-il.

Le gouvernement pense à revoir sa stratégie

Si les tests salivaires s'avèrent plus faciles à réaliser et potentiellement plus efficaces pour détecter le variant Omicron, les tests nasopharyngés montreraient de meilleurs résultats dans le cas d'une infection de stade avancé. Selon des chercheurs de l'institut de technologie de Californie, le virus du Covid-19 apparaît d'abord dans la bouche avant de gagner la région du nez. Ces résultats suggèrent que les tests de sensibilité élevée pourraient détecter des infections par voie salivaire bien plus tôt que par voie nasale.

Ces résultats pourraient avoir des répercussions en France et encourager le gouvernement à revoir sa stratégie de tests. "On sait ­qu'Omicron se réplique beaucoup dans la bouche et la gorge, on est en train d'instruire ce dossier, de générer des données pour ­comparer l'efficacité des deux méthodes", confie dimanche le ministère de la Santé auprès du JDD.

Actuellement, en France, plus de 270.000 tests positifs sont enregistrés chaque jour.

Juliette Desmonceaux