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Covid-19: pourquoi les tests salivaires sont-ils sous-utilisés en France?

Selon une étude préliminaire, ce mode de prélèvement se révèlerait être plus efficace que la méthode de dépistage traditionnelle, dénommée "nasopharyngée".

Ce dimanche, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, annonçait sur BFMTV le renforcement de la stratégie de dépistage contre le Covid-19, avec l'ouverture de nouveaux centres. Mais un point de cette doctrine semble toujours être mis de côté par l'exécutif. Celui des tests salivaires. Bien moins contraignants et douloureux que les traditionnels tests par prélèvement nasopharyngé, ces derniers sont pourtant sous-utilisés en France.

Un choix qui s'explique avant tout par les avis rendus par les autorités sanitaires. Dans une étude parue en février 2021, la Haute Autorité de Santé (HAS) comparait l'efficacité des tests PCR effectués par prélèvement nasopharyngé et par prélèvement salivaire.

Et bien que présentant un taux de sensibilité "supérieur au seuil minimal de 80% attendu", les tests salivaires pourraient "induire une perte significative de sensibilité de 3 à 13 % s’ils venaient à se substituer" aux tests nasopharyngés, détaillait l'étude. En juillet, la HAS avançait par ailleurs que les tests salivaires rapides n'étaient pas assez fiables.

Face à Omicron, un outil plus efficace?

Des résultats que le variant Omicron pourrait néanmoins venir bousculer. Le 24 décembre 2021, une équipe de chercheurs publiait une étude intitulée "Les échantillons de salive sont le mode de prélèvement le plus efficace pour la détection d'Omicron".

Il y est avancé que la viralité d'Omicron "est plus élevée dans la salive par rapport aux échantillons nasaux, ce qui améliore les diagnostics des prélèvements par voie salivaire". L'étude doit cependant encore franchir le stade de "l'évaluation par les pairs".

Plus accepté par les enfants

Autre avantage de ces tests, leur plus grande acceptabilité par les enfants. C'est ce qu'avance notamment ce père de famille, interrogé par BFMTV.

"Ma petite ne supporte pas trop qu'on lui mette le coton dans le nez. Donc le test salivaire, c'est parfait pour elle", avance-t-il. Avant d'ajouter: "Et puis c'est plus précis apparemment, car elle était négative avec l'antigénique et avec le salivaire elle a été positive".

Un constat qui pousse le milieu éducatif à réclamer l'emploi de ces tests en milieu scolaire, alors que depuis la rentrée et la mise en place d'un nouveau protocole sanitaire à l'école, les enfants doivent se tester à trois reprises lors de la détection d'un cas positif dans leur classe.

"Nous, nous demandons, nous exigeons que ces tests soient salivaires. Notamment pour les élèves du premier degré. Leur faire un test nasopharyngé, c'est tout de même quelque chose d'assez compliqué", détaille Samir Alioua, administrateur national de la Fédération des conseils des parents d'élèves.

Une méthode de testage qui pourrait donc facilement se déployer en milieu scolaire. L'infectiologue Karine Lacombe estimait d'ailleurs en novembre que les tests salivaires une fois par semaine dans les écoles "auraient été une bonne mesure".

Cette méthode n'est cependant pas exempte de difficultés inhérentes à son mode de prélèvement. Impossible par exemple de réaliser des tests salivaires sur les enfants de moins de trois ans, comme l'explique Patrick Cassuto, directeur du laboratoire Drouot. "Les tests sont environ de 2ml. Et pour les jeunes enfants, c'est très souvent compliqué de récupérer de la salive", conclut-il.

Jules Fresard