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Covid-19: la santé mentale des étudiants plus dégradée que celle du reste de la population

Des étudiants de l'Université de Rennes 1 (ouest de la France, portant des masques, assistent à un cours dans un auditorium le 4 février 2021

Des étudiants de l'Université de Rennes 1 (ouest de la France, portant des masques, assistent à un cours dans un auditorium le 4 février 2021 - Damien MEYER © 2019 AFP

Dans une nouvelle étude, publiée ce mardi dans la revue Scientific Reports, des chercheurs de l'Inserm et de l'université de Bordeaux montrent que les étudiants sont plus concernés par des troubles anxieux ou dépressifs depuis le début de la crise sanitaire que le reste de la population.

Si l'état de la santé mentale de la population s'est dégradé pour une grande partie d'entre elle au cours de la crise du Covid-19, les étudiants sont néanmoins particulièrement concernés, révèle une étude publiée ce mardi dans la revue Scientific Reports et présentée dans un communiqué de l'Inserm.

Entre les mois de mars 2020 et de janvier 2021, des chercheurs de l'Inserm et de l'université de Bordeaux ont récolté les témoignages de 3783 personnes, à la fois des étudiants et des non-étudiants, afin de comparer leur état d'anxiété et de dépression. Si les participants des deux groupes n'avaient donc ni le même statut, ni le même âge, le nombre de femmes, de personnes ayant des antécédents de maladie mentale et de personnes travaillant ou étudiant dans le domaine de la santé, était similaire.

"La comparaison entre étudiants et non-étudiants a rarement été étudiée jusqu’ici. Nous démontrons dans notre étude qu’il existe d’importantes inégalités de santé mentale entre ces deux groupes, et que l’écart s’est encore plus creusé avec le deuxième confinement. La vulnérabilité des étudiants n’a probablement pas une cause unique mais l’isolement et la solitude ont certainement beaucoup pesé. Les conditions matérielles et la difficulté de suivre les études sont également des facteurs importants", explique Mélissa Macalli, première autrice de l’étude, dans le communiqué de l'Inserm.

Un deuxième confinement plus difficile

Les résultats de l'étude montrent ainsi que pendant cette période, 36,6% des étudiants ont déclaré des symptômes dépressifs, 27,5% des symptômes d'anxiété et 12,7% ont rapporté des pensées suicidaires. Des données plus importantes que pour les non-étudiants, qui sont respectivement 20,1% à avoir ressenti des symptômes dépressifs, 16,9% de l'anxiété et 7,9% à avoir eu des pensées suicidaires.

Les chercheurs de l'Inserm et de l'université de Bordeaux se sont également rendu compte que si la prévalence de troubles mentaux reste globalement stable pour les non-étudiants sur toute la période étudiée, ce n'est pas le cas pour les étudiants.

Les troubles d'anxiété et de dépression sont, en effet, plus élevés pour ces derniers lorsqu'ils sont confinés. Et la deuxième période de confinement a, par ailleurs, été plus difficile: 50% ont rapporté des symptômes dépressifs à l'automne 2020 contre 36% en mars 2020.

Début octobre, une enquête CoviPrev de Santé publique France avait montré que les vagues de Covid-19 avaient eu des effets négatifs sur la santé mentale des Français. Près de 70% des personnes interrogées faisaient par exemple état de problèmes de sommeil cet automne et 26% indiquaient montrer des signes d'état anxieux.

Clément Boutin Journaliste BFMTV