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Covid-19: la commission d'enquête de l'Assemblée dénonce "un pilotage défaillant de la crise"

Le rapport souligne une série de manquements pendant la crise sanitaire, mais aussi le fait que la France était "mal armée" face à l'épidémie.

La commission d'enquête parlementaire de l'Assemblée nationale dénonce un "pilotage défaillant de la crise" du Covid-19 par le gouvernement, a déclaré ce mercredi le président du groupe LR Damien Abad, à l'issue de six mois d'auditions.

La France était "mal armée" face à la pandémie qui a éclaté en début d'année, a ajouté Damien Abad, alors que la commission présente son rapport soulignant une série de manquements des pouvoirs publics en amont de la crise sanitaire et pendant.

"Qu'est ce qu'on a constaté? D'abord qu'on était mal préparé, il y a eu un défaut d'anticipation, il y a eu des échecs sur les masques, sur les tests, des défaillances de fonctionnement de notre système hospitalier", énumère Damien Abad sur BFMTV.

"On a perdu notre souveraineté sanitaire"

Le député pointe du doigt la "lourdeur administrative, la bureaucratie excessive dans notre pays qui ont par exemple ralenti la politique de tests de manière très importante, ce qui fait qu’on a testé 20 fois moins en France qu’en Allemagne pendant la première vague".

Il parle également de "défaut de pilotage" dans la politique sur la gestion des stocks de masques, "ce qui fait que sur les masques, on a payé beaucoup plus cher que ce qu’on aurait dû payer". Selon lui, "on a dépensé 2 milliards d’euros en Chine pour rattraper notre retard" sur les masques FFP2 et chirurgicaux, "on a perdu notre souveraineté sanitaire".

Le rapport demande à ce que la France "se réarme sur le plan sanitaire, pour qu'elle retrouve une culture du risque", et évite ce qui s'est passé pendant la première vague, comme les report de soins qui ont eu "des conséquences dévastatrices sur la santé des Français", souligne Damein Abad.

Quelles propositions?

"On a été juste, ce rapport il n'est pas là pour chercher des coupables, il est là pour trouver des solutions, pour que plus jamais ça", assure le député.

La commission d'enquête propose plusieurs solutions pour éviter de reproduire les erreurs qu'elle a notées. Elle souhaite ainsi la création d'un poste de ministre délégué auprès du Premier ministre "en charge de la gestion des crises et du risque pandémique", explique Damien Abad.

Il est également demandé la création d'un "outil stratégique pour gérer les stocks de masques", et ainsi éviter de connaître à l'avenir une autre pénurie. Les agences régionales de santé devraient également, selon la commission, devenir des agences départementales sous l’autorité des préfets pour redonner "la territorialisation à l’action sanitaire".

Les députés LaREM dénoncent un rapport "partial et partiel"

Les députés LaREM se sont abstenus sur le vote du rapport, qui doit être publié dans cinq jours. "Nous ne pouvions voter pour un rapport partial et partiel, et nous regrettons évidemment qu'il ne reflète absolument pas la qualité des auditions et des débats que nous avons menés", a expliqué le député LaRem Julien Borowczyk, président de la commission dont Eric Ciotti (LR) est rapporteur.

"Nous voulons que chacun puisse avoir accès au rapport et aux pièces, dans la plus grande transparence: c'est la raison de notre abstention lors du vote", a-t-il poursuivi, déplorant que "malgré les 130 heures d'auditions et plus de 50 auditions - en parfaite entente avec le rapporteur et en toute transparence - tout n'ait pas été retranscrit".
Salomé Vincendon avec AFP avec AFP