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Port du masque: Salomon reconnaît "une expression très maladroite" au début de l'épidémie

Jérôme Salomon en conférence de presse le 28 mars 2020

Jérôme Salomon en conférence de presse le 28 mars 2020 - GEOFFROY VAN DER HASSELT © 2019 AFP

Lors de son audition au Sénat dans le cadre de la commission d'enquête sur la gestion de l'épidémie de Covid-19, le directeur général de la Santé a reconnu que les autorités sanitaires avaient été confrontées à "une crise majeure", à "un débordement lié à l'épidémie".

Ce sera indubitablement perçu comme un mea culpa. Un aveu d'erreur de communication sur la doctrine de port du masque en début d'épidémie de Covid-19. Ce mercredi, lors de son audition au Sénat dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire dédiée à la crise sanitaire, le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a été interrogé sur l'apparent volte-face de l'exécutif en matière de masques.

Le 17 mars, lors de son bilan quoditien sur la propagation du virus, le directeur général de la Santé enjoignait avec aplomb les Français à ne pas porter de masque. "Les masques sont uniquement pour les malades, pour les transports sanitaires, pour les secours aux personnes et pour les soignants", déclarait alors Jérôme Salomon. Cinq mois plus tard, il reconnaît avoir eu "peut-être une expression très maladroite":

"Quand je disais qu’il ne fallait pas porter un masque tout seul dans la rue, je vous rappelle qu’à cette époque, début mars, nous avions de fortes tensions sur les masques, nous les livrions en urgence la nuit aux établissements de santé. (…) Et nous avions des vols et des personnes qu’on voyait avec des FFP2 ou FFP3 dans la rue."

"Évolution des connaissances"

Tentant de préciser sa pensée, le DGS affirme qu'elle consistait à dire, "laissez les masques aux professionnels de santé quand ils en ont besoin et ne les portez pas quand il n’y a pas justification à les porter".

Devant l'Assemblée nationale déjà, Jérôme Salomon a argué qu'il y avait eu une "évolution des connaissances" sur les modes de transmission de la maladie Covid-19. Le 16 juin, il démentait avoir trompé les Français sur l'utilité du masque. "Avant de savoir, on ne sait pas", lançait-il, citant Voltaire et invoquant ensuite les recommandations évolutives de l'Organisation mondiale de la Santé.

"Quand on était en janvier, en février, (…) il y avait une confirmation de la transmission manuportée, puis confirmation de la transmission par gouttelettes et donc nous avons adapté au fur et à mesure, c’était les recommandations internationales. Nous avons équipé les professionnels de santé en priorité évidemment" et "les malades et leurs contacts", a développé le DGS ce mercredi devant les sénateurs.

Malgré tout, Jérôme Salomon reconnaît que les autorités sanitaires ont été confrontées à "une crise majeure", à "un débordement lié à l'épidémie" et à "un dérèglement du marché" du masque. Dès le 2 avril pourtant, le DGS a encouragé "le grand public, s'il le souhaite, à porter (...) ces masques alternatifs qui sont en cours de production". Le débat risque de se prolonger.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV