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Covid-19: en Bretagne, des élus et soignants réclament un allègement des mesures de restriction

Depuis plusieurs jours, le port du masque n'est plus obligatoire dans les communes les moins peuplées du département.

Faut-il alléger les mesures restrictives contre le Covid-19 dans les régions les moins touchées? Alors qu'un confinement local et partiel a été décrété dans le département des Alpes-Maritimes et que les autorités alertent sur une situation sanitaire qui se dégrade à l'échelle du pays et en particulier dans certaines zones comme Dunkerque, des territoires souhaitent expérimenter en partie un retour à la vie d'avant la pandémie.

"Je ne demande pas qu’on déconfine le Morbihan"

C'est le cas à Berric, commune de 1900 âmes dans le département du Morbihan, où les habitants ne sont plus contraints de porter le masque en extérieur. "On n’est pas en grand nombre dans les rues, je trouve que c’est plutôt justifié", estime auprès de BFMTV une Berricoise, qui se réjouit de cette décision préfectorale appliquée dans les communes les moins peuplées du département.

Berric n'est pas un cas isolé. Depuis le 17 février, l'allégement partiel du port du masque a été accepté par les autorités locales dans trois des douze communautés de commune du département, souligne France 3 Régions.

Il faut dire que dans le Morbihan, les chiffres restent bien inférieurs à la moyenne nationale. Le taux d'incidence y est de 113 cas pour 100.000 habitants, soit quasiment la moitié du taux national, qui atteint 202. Toutefois, les statistiques morbihannaises sont bien au-delà du seuil d'alerte, qui est quant à lui de 50.

Malgré tout, plusieurs élus locaux se mobilisent, et proposent une poursuite de ces allégements dans la région.

"Je dirais que le confinement de 20h serait mieux compris. Je ne demande pas qu’on déconfine le Morbihan, on n’est pas sortis de cette crise, et ce qui est important, c’est la sécurité. Pourquoi ne pas expérimenter sur certains secteurs la réouverture de terrasses, de lieux culturels", souligne sur BFMTV Ronan Loas, maire de Ploemeur.

"Du mal à adhérer"

Cette stratégie territorialisée est d'ailleurs soutenue par les médecins, qui défendent ce qui serait une acceptabilité plus accrue des Français aux mesures actuelles.

"Il y a un moment où la population va avoir du mal à adhérer à des propositions qui sont incompréhensibles. Si on a des mesures nationales, ça peut pousser à prendre des mesures qui sont inutiles dans certains territoires avec des impacts économiques, sanitaires et sociaux qui sont durs", assure, toujours auprès de BFMTV, le médecin généraliste Yvon Le Flohic.

Avec d'autres professionnels de santé, ce dernier souhaite la levée des mesures dans certains territoires bretons durant trois semaines afin d'observer, ou non, un éventuel impact sur l'épidémie.

Seulement, à l'échelle de la région Bretagne, les chiffres ne sont pas si bons que cela. Comme le souligne France Bleu, le taux d'incidence régional est actuellement revenu au-dessus de 100 cas pour 100.000 habitants, alors qu'il était passé sous cette barre ces dernières semaines.

Dans le cas du seul Morbihan, si les chiffres restent bas par rapport à d'autres départements, le taux d'incidence local a connu une hausse de 25 points en seulement une semaine, précise encore France Bleu. Ce schéma se retrouve d'ailleurs dans les autres départements bretons, où l'épidémie semble également repartir à la hausse.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV