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Covid-19: des maires proposent leur aide pour accélérer la campagne de vaccination

Plusieurs élus locaux proposent d'aller "plus vite" dans la vaccination des Français et affirment disposer du matériel nécessaire pour la déployer. Ne manquerait que le feu vert de l'État.

Comme avec les défaillances constatées sur l'acheminement des masques et la mise en place des tests de dépistage, l'État voit à nouveau ses rapports avec les collectivités locales mis à rude épreuve à l'aube de sa campagne vaccinale, critiquée pour sa lenteur par rapport à nos voisins. Depuis quelques jours, plusieurs élus locaux lui demandent la permission d'organiser eux-mêmes la vaccination.

Le maire UDI du Raincy, Jean-Michel Genestier, est de ces maires qui proposent de mettre à disposition des lieux appropriés pour accueillir les Français ayant besoin d'être vaccinés par le Covid-19. Il souhaite mettre en place un centre de vaccination dans un gymnase.

"Dans 72 heures, dès qu'on peut avoir le 'go' de l'État, ce centre peut être opérationnel", affirme-t-il auprès de BFMTV.

"Huit gymnases" à Charleville-Mézières

Tout a été pensé, de l'accueil à l'injection, en passant par le nombre de personnes à vacciner. "Ce sera de l'ordre de 200 à 300 vaccinations par jour dans un premier temps", veut croire Jean-Michel Genestier. Le maire du Raincy s'appuie sur les inquiétudes exprimées par ses administrés, notamment les personnes âgées qui ne sont pas en Ehpad et, de ce fait, ne figurent pas parmi les personnes prioritaires à l'heure actuelle.

Jean-Michel Genestier n'est pas le seul élu à vouloir tendre la main au gouvernement. La municipalité de Charleville-Mézières se dit également prête à mettre en place son propre centre de vaccination. Au micro de RTL, son maire divers droite Boris Ravignon a déclaré que "huit gymnases qui fonctionnaient avec des dizaines d'agents administratifs" pourraient être mis à disposition des Français.

"On peut parfaitement réactiver un dispositif de ce genre et donc répondre présent, très rapidement, à une opération de vaccination plus large", assure-t-il.

Copé se dit "prêt"

Invité de BFMTV, le maire Les Républicains de Meaux, Jean-François Copé, a vertement tancé l'exécutif pour son apparent retard dans le déploiement de sa campagne. L'ancien ministre chiraquien affirme par exemple ne pas avoir reçu, avec le congélateur permettant de stocker le vaccin Pfizer à -80 degrés, le thermomètre nécessaire pour fixer cette température.

"Je suis prêt en tant que maire, à Meaux comme beaucoup de mes collègues, de mettre à disposition nos équipements, nos gymnases, nos salles de sport, (...) pour accueillir à la fois les personnels chargés de la vaccination (...) et puis à la fois, bien sûr, la population qui le souhaite", a-t-il annoncé sur BFMTV.

Selon l'ex-patron de l'UMP, l'État s'échine trop à vouloir "ménager les anti-vaccins". "Que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ne viennent pas, mais enfin il y a des millions de Français qui savent très bien qu'il en va de leur vie ou de leur survie", s'alarme Jean-François Copé.

Des seniors "impatients"

Côté socialiste, il y a le maire de Clichy-sous-Bois, Olivier Klein, qui appelle lui aussi le gouvernement à s'appuyer sur les collectivités locales. Il croit "bonne" la stratégie consistant à vacciner en priorité les plus fragiles, à savoir les résidents d'Ehpad. "On a tous dans nos villes des seniors qui sont impatients, à juste titre, inquiets, qui ont envie de retrouver une vie sociale", a-t-il néanmoins indiqué sur BFMTV ce lundi.

"On pourrait prendre le consentement en avance. (...) Moi en quelques jours, je suis en capacité d'appeler tous les fichiers des seniors, vérifier s'ils vont vouloir ou pas se vacciner, (...) savoir le nombre de doses nécessaires et organiser un lieu", prévient Olivier Klein.

Arguant qu'il travaille en étroite collaboration avec le directeur de l'ARS Île-de-France, le maire de Clichy-sous-Bois insiste sur le fait que lui et ses homologues sont "disponibles". A-t-il été contacté par le gouvernement? "À ce stade, non", répond-il. Le maire de Nancy, Mathieu Klein, a tenu des propos du même ordre sur RTL ce lundi. Il indique avoir "ouvert un premier centre" dans sa ville le 31 décembre".

"Un deuxième centre va ouvrir aujourd'hui, un troisième dans la semaine, un quatrième est en préparation, pour pouvoir accueillir le plus grand nombre de soignants, d'aides à domicile, d'auxiliaires de vie, et demain je l'espère, d'habitants, qui auront accès ainsi à la vaccination", a-t-il déclaré.

Mathieu Klein demande toutefois à ce que les autorités lui fournissent suffisamment de doses. Il dit croire "en la parole de l'État" mais insiste sur le fait que la confiance entre celui-ci et les collectivités locales sera "la clé" pour réussir la campagne de vaccination en France.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV