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Covid-19: à quoi vont ressembler les 35 vaccinodromes annoncés par le gouvernement?

Une trentaine de vaccinodromes devraient être déployés dans les prochaines semaines à travers la France pour amortir l'important afflux de nouvelles doses de vaccins prévu en avril.

Longtemps écarté, le déploiement de vaccinodromes en France pour lutter contre le Covid-19 revient sur le devant de la scène. Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé, ce lundi, qu'au moins 35 grands vaccinodromes seraient déployés à la fois par l'armée et les pompiers à travers le pays afin de vacciner plusieurs milliers de personnes par jour. Ils "seront opérationnels dans les prochains jours", a précisé ce mardi la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher sur BFMTV.

D'autres, créés, avec "l'État, l'Assurance maladie", devraient également voir le jour, et s'ajouter à la vaccination dans les hôpitaux, chez son médecin et dans les pharmacies.

Le ministre de la Santé a réaffirmé l'objectif des "10 millions de primovaccinés à la mi-avril, promettant que les choses s'accélèreraient ensuite, "parce que les apports de vaccin vont augmenter". Des propos précisés sur BFMTV ce lundi soir par un porte-parole de la Sécurité civile (DSCGC), qui prévoit lui aussi "une montée en puissance début avril".

"L'enjeu c'est que nous avons une accélération des livraisons de doses et donc nous pouvons passer à une deuxième phase de vaccination, plus massive", a abondé Agnès Pannier-Runacher ce mardi matin. "Nous avons également terminé la phase de vaccination dans les Ehpad, qui était un peu complexe (...). Cette phase est derrière nous, nous pouvons élargir la vaccination."

Qui pourra vacciner?

Entre 15 et 20 centres de vaccination éphémères ont déjà été déployés à travers le pays, mais le gouvernement souhaite désormais les rendre pérennes, comme l'explique le commandant Alexandre Jouassard, porte-parole de la Sécurité civile. Jusqu'alors, "des vaccinodromes étaient présents deux, trois jours". "Là, la volonté c'est d'avoir des vaccinodromes qui tiennent dans le temps, avec une capacité à s'adapter".

Sur le plateau de BFMTV, le commandant Alexandre Jouassard explique que l'objectif est désormais "d'augmenter notre capacité à vacciner", "mais de le faire en concertation avec les préfets et avec les centres hospitaliers", si bien que la localisation exacte de ces centres n'est pas encore établie.

"Les services de santé et de secours médicaux des SDIS (services d'incendies et de secours)", à savoir les pompiers, seront autorisés à vacciner, tout comme les médecins et autres infirmiers, a précisé le porte-parole de la DSCGC. "Depuis la semaine dernière, les sapeurs-pompiers peuvent eux aussi vacciner, mais en étant formés et sous la houlette d'un médecin et d'un infirmier présents sur place", a-t-il précisé.

Comment prendre rendez-vous?

De son côté, l'armée prendra également part à l'effort puisqu'elle devrait être à l'origine du déploiement de huit centres de vaccination sur la trentaine annoncée. "Nous sommes engagés et nous continuerons à le faire là où il y a moins de pouvoirs publics et moins de moyens", a déclaré dimanche le général François Lecointre, chef d'État-major des armées sur BFMTV.

Concrètement, pour pouvoir se faire vacciner dans l'un de ces grands centres de vaccination, il faudra faire partie du public concerné par la campagne à cette période et prendre rendez-vous sur Internet. Sur BFMTV, le commandant Alexandre Jouassard explique que l'organisation devrait être similaire à ce qui existe déjà aujourd'hui, avec Doctolib, Santé.fr ou encore Maia. "Il y aura sans doute d'autres applications. Ça, c'est en cours de construction", précise-t-il.

Bientôt un vaccinodrome au Stade de France

Un "grand centre de vaccination" contre le Covid-19 "doit ouvrir début avril au Stade de France", à Saint-Denis. Le président du département de la Seine-Saint-Denis et le maire de la ville ont confirmé qu'ils travaillaient sur l'ouverture d'un "vaccinodrome" début avril au sein du célèbre Stade de France.

Jusqu'alors, l'exécutif essayait d'éviter de reprendre le terme "vaccinodromes", trop assimilé au fiasco de 2009 au temps de l'épidémie de grippe H1N1. Mais trois mois plus tard, alors que la crise sanitaire s'éternise et que la vaccination représente le seul espoir d'en sortir, le principe de "centres de vaccination éphémères" est désormais assumé.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV