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Coronavirus: vers un dépistage massif des habitants de Lille et Roubaix?

Selon le médecin, il est indispensable d'entamer le déconfinement avec un nombre très faible de personnes qui sont porteuses du virus sans le savoir.

Alors qu'Emmanuel Macron doit s'adresser aux Français en milieu de semaine prochaine pour évoquer les étapes de la sortie du confinement, plusieurs médecins appellent à un dépistage massif de la population. Parmi eux, Philippe Froguel, généticien au CHU de Lille.

"Je propose avec un certain nombre de collègues de dépister l'ensemble de la population française et le ministre Olivier Véran a proposé de faire un pilote. Les deux villes qu'il a proposées c'était Lille et Roubaix", explique-t-il sur BFM Grand Lille.

Ce dépistage massif n'en est encore qu'à l'étape du projet et ne pourra se faire sans la coopération des collectivités locales. Le généticien assure que les mairies de Lille et Roubaix vont être contactées rapidement. Mais ces tests pourraient selon lui intervenir "très rapidement". "Au moment de la fin du confinement, on parle de tester en 2 ou 3 jours plusieurs centaines de milliers de personnes et peut-être jusqu'à 1 million de personnes dans la métropole lilloise", ajoute-t-il.

Pour Philippe Froguel, avec ce dépistage massif, l'objectif est de "bien préparer le déconfinement et d'éviter une troisième vague"

"Nous souhaitons attendre l'arrivée des vaccins en ayant une vie sociale et économique la plus normale possible. Pour cela, il est indispensable que le déconfinement s'effectue avec un nombre très faible de personnes qui sont porteuses du virus sans le savoir", ajoute-t-il sur BFMTV.

Un défi logistique

Avec plus de 300.000 habitants et plus d'un million d'habitants à l'échelle de la métropole, tester massivement représente cependant un défi logistique important. Philippe Froguel avance plusieurs pistes: multiplier les centres de tests mobiles, déplacer des équipes à domicile et dans les Ehpad ou encore renforcer les tests en entreprises.

Le généticien espère aussi pouvoir compter sur des tests salivaires, qui viendront s'ajouter aux tests PCR et aux nouveaux tests antigéniques.

"Les tests salivaires sont mieux acceptés par la population et plus faciles à effectuer", explique-t-il. "Cela nous permettrait d'envoyer des autotests aux volontaires mais aussi de tester de nombreuses personnes à la fois."

Pour le moment la Haute autorisé de la santé refuse néanmoins d'ouvrir ces tests salivaires aux personnes asymptomatiques. Selon Philippe Froguel, des discussions sont cependant en cours pour "faire sauter ce verrou".

Quelles solutions pour les personnes malades?

Ce mardi, Olivier Véran avait montré des réticences face à ces projets de dépistage massif, jugeant que "l'important est d'être sûr de pouvoir mettre les personnes malades à l'abri pour éviter les contaminations".

"Des discussions vont avoir lieu avec la ville de Lille et les collectivités", assure Philippe Froguel. "Les services sociaux doivent pouvoir proposer des solutions pour isoler les personnes contaminées."

Et pour le généticien d'insister: "Je pense que la population française en a assez de ce confinement et je suis persuadé qu'elle sera favorable à ce testing de masse."

Des tests massifs ont déjà été menés à l'étranger. C'est le cas à Liverpool par exemple où une campagne de test sur toute la ville a été lancée début novembre. Si l'expérimentation est concluante, le Royaume-Uni souhaite étendre ces dépistages massifs dans tout le pays.

En France, Laurent Wauquiez a annoncé vouloir lancer une large campagne de tests auprès des huit millions d'habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes avant les vacances de Noël. Cette stratégie a déjà été adoptée par d'autres pays d'Europe. C'est le cas à Liverpool où une campagne de test sur toute la ville a été lancée début novembre. Si l'expérimentation est concluante, le Royaume-Uni souhaite étendre ces dépistages massifs dans tout le pays. En Slovaquie, c'est plus de cinq millions de personnes qui ont été massivement testées en l'espace d'un week-end.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV