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Coronavirus: quels sont les "signaux faibles de reprise épidémique" en Île-de-France?

Un soignant à l'hôpital Lariboisière, à Paris, le 27 avril 2020.

Un soignant à l'hôpital Lariboisière, à Paris, le 27 avril 2020. - JOEL SAGET / AFP

Malgré des indicateurs globalement à la baisse sur la région, plusieurs établissements notent une augmentation, légère mais bien là, du nombre de personnes hospitalisées et de cas signalés.

Des "signaux faibles de reprise" de l'épidémie de Covid-19 sont signalés dans des hôpitaux parisiens, a averti jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Inter, en appelant à la "vigilance" des Français. Il s'agit d'indicateurs "non pas inquiétants, mais d'attention particulière" de reprise, comme le nombre d'appels à SOS Médecins, au Samu et d'admissions à l'hôpital, a-t-il détaillé.

Les dernières données des autorités sanitaires donnent pourtant des chiffres globaux à la baisse dans la région.

Entre le 9 et le 16 juillet, le nombre de personnes hospitalisées est passé de 3340 en Île-de-France à 3226, et le nombre de patients en réanimation de 248 à 238. Mais si des malades quittent l'hôpital chaque jour, d'autres continuent d'arriver: 45 nouveaux patients hospitalisés jeudi, 36 mercredi, et 10 nouveaux patients en réanimation jeudi.

Une augmentation des cas dans certains hôpitaux

Les "signaux faibles de reprise épidémique", ont en fait été repérés dans certains établissements franciliens. "Des disparités départementales sont observées en matière d’hospitalisations et d’admission en réanimation" écrivait Santé Publique France le 9 juillet, dans un point sur la situation en Île-de-France, qui notait également "une augmentation de ces indicateurs constatée à Paris pour la première fois depuis le déconfinement".

"On voit une augmentation, qui n'est pas encore fulminante, mais on voit quand même plus de patients qu'il y a 15 jours", explique sur BFMTV Hayette Kachour, infirmière-cadre des urgences à la clinique l'Estrée de Stains (Seine-Saint-Denis).

"Depuis quelques jours, et on n'est pas le seul service en Île-de-France et même en France, on a constaté une petite reprise d'activité avec des Covid-19 aigus, des Covid-19 tout récents, soit des contaminations sur le sol français, soit des retours de voyage", expliquait le 8 juillet à France Info, Xavier Lescure, médecin spécialiste en maladies infectieuses à l’hôpital Bichat (Paris).

"Pendant toute une période on n'a plus eu de nouveaux malades, notamment au mois de juin. Mais depuis fin juin/début juillet, on voit réapparaître des malades, tous les jours on a des nouveaux malades", explique vendredi sur BFMTV Éric Caumes, chef des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. "Ce n'est pas explosif, mais ça nous rappelle à tous ce qu'on a vécu en février avant que l'épidémie ne démarre, où on a un malade par jour, un malade tous les deux jours. Hier j'en ai eu trois quand même."

Repérer et éteindre les clusters

"Lors du tourbillon de l'épidémie autour de fin mars/début avril, nous faisions à peu près 2500 actes par jour de cas Covid-19", expliquait le 11 juillet sur BFMTV Serge Smadja secrétaire général de SOS Médecins, "après le confinement, les cas sont tombés à à peu près 150, et (le 10 juillet) par exemple nous en avons eu 360. On voit bien que le virus circule toujours".

Si "tous les chiffres sont bas", "l'activité épidémique augmente, et le risque est beaucoup plus élevé qu'il y a quelques semaines", explique dans Le Parisien Aurélien Rousseau, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France.

"La question est de savoir si c'est une reprise structurelle de l'épidémie, à quelle vitesse elle progresse, ou s'il s'agit de cas isolés qui doivent être mis sous contrôle", affirme-t-il.

Le but actuellement est de multiplier les dépistages pour ne pas passer à côté d'un cluster. "Il faut qu'on soit capable de se projeter et d'éteindre très vite les incendies", déclare Aurélien Rousseau, afin qu'ils ne se propagent pas au reste de la France.

Les dispositifs dédiés au Covid-19 maintenus

"Il va y avoir la reprise de la scolarisation des enfants, il va y avoir la fin du télétravail - qui aujourd'hui est encore fait de manière importante en Île-de-France - probablement aussi un certain nombre de touristes, donc tout ça fait que l'on craint une seconde vague sur la fin du mois de septembre et le mois d'octobre", déclare à BFMTV Gorka Noir, directeur de la clinique d'Estrée.

Des membres du Conseil scientifique avaient même alerté la semaine dernière, sur une possible reprise de l'épidémie en France dès l'été si les gestes barrières n'étaient pas respectés. Pour rappel le port du masque dans les lieux publics, le lavage des mains et le respect de la distanciation sociale sont toujours de mise contre le coronavirus, et les seules barrières efficaces connues actuellement pour s'en prémunir.

En cas de deuxième vague, à Stains, la clinique a décidé de maintenir son dispositif spécial Covid-19 jusqu'en septembre. "Nous avons la capacité d'accueillir et de rouvrir des lits, tous les établissements ont été maintenus en veille", assure dans Le Parisien le directeur de l'ARS.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV