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Coronavirus: l'État promet des renforts pour la Guyane, où l'épidémie "s'aggrave"

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, en déplacement en Guyane le 23 juin 2020, en pleine épidémie de coronavirus.

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, en déplacement en Guyane le 23 juin 2020, en pleine épidémie de coronavirus. - JODY AMIET / AFP

Les autorités sanitaires comptabilisaient ce mardi plus de 2500 cas confirmés, 8 décès et 15 patients en réanimation dans ce territoire d'outre-mer.

Face à la propagation du coronavirus, des renforts humains et en matériels vont être mis en œuvre en Guyane, a annoncé ce mardi la ministre des Outre-mer Annick Girardin, en déplacement dans la région.

"L'Etat sera au rendez-vous" face à une situation qui "s'aggrave", a affirmé la ministre devant la presse, au cours d'une visite de 24 heures en Guyane, territoire de 300.000 habitants maintenu sous état d'urgence sanitaire.

La ministre a annoncé l'arrivée de renforts de la Réserve sanitaire et de l'assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), de 15 respirateurs, de matériel de l'hôpital de campagne projetable de la sécurité civile française (Escrim) pour les patients non-Covid ainsi que la mise à disposition de déxaméthasone, ce traitement qui réduirait d'un tiers la mortalité chez les malades les plus gravement atteints.

Un "plan d'accompagnement pour venir en aide au Brésil" voisin, durement touché, le maintien des distributions alimentaires et des aides aux secteurs économique et social sont aussi évoqués.

Plus de 2500 cas confirmés

L'Agence régionale de santé (ARS) comptabilisait mardi 2.593 cas confirmés, 8 décès et 15 patients en réanimation. "On va très rapidement arriver à 10.000 cas", a averti Rodolphe Alexandre, le président de la collectivité territoriale de Guyane.

Invité de BFMTV ce mardi, le député DVG de Guyane Gabriel Serville a pointé une série de problèmes : outre "le danger" venu du Brésil voisin, il a évoqué le manque de maîtrise du français de certains habitants, qui ont "du mal à comrpendre véritablement les consignes". Et surtout "les problèmes de logement qui font que beaucoup de personnes n'ont pas accès à l'eau courante et vivent dans une profonde promiscuité."

"Il y a l'urgence médicale à laquelle il faut trouver les réponses", a poursuivi l'élu. "Mais il ne faut pas perdre de vue que tout ce qu'il se passe aujourd'hui quelque part n'est que la conséquence de ce qu'on n'a pas fait avant", "des retards structurels", "des retards de développement".

"Nous avons un désert médical"

"Le problème, c'est que nous sommes sur un continent sous-développé", a abondé, également sur BFMTV, le sénateur apparenté LaREM Antoine Karam. "Cela fait des années que nous réclamons des hôpitaux. Nous avons un désert médical, nous voulons qu'il y ait des lits, un hôpital de campagne, des moyens très lourds pour éradiquer une fois pour toute ce qu'il se passe en Guyane".

"Il faut qu'on s'attende à une saturation du système hospitalier", a prévenu de son côté Mathieu Raux, directeur médical de la crise du Covid à la Pitié-Salpêtrière, envoyé en renfort à Cayenne par Matignon.

"On a trouvé des personnels extrêmement fatigués" "et là, on leur demande d'accélérer", a-t-il aussi commenté, dans la lettre d'information journalière de l'ARS Guyane diffusée ce mardi.

Matignon a évoqué un reconfinement

La percée du virus intervient en pleine "lassitude collective", selon le préfet de Guyane, due notamment à "des mesures plus strictes que dans l'Hexagone" (couvre-feu, confinement le week-end, fermeture dès 18h des commerces) a aussi évoqué le préfet. Matignon a évoqué ce dimanche la possibilité d'un reconfinement, une piste très controversée localement.

"On a bien démontré sur certains territoires que le confinement généralisé n'a pas forcément donné les espoirs qu'on avait fondés", a estimé le député DVG Gabriel Serville sur BFMTV. "Maintenant il faut peut-être trouver une solution intermédiaire."

"Aujourd'hui ça ferme et ça licencie grave", a prévenu Carine Sinaï-Bossou, présidente de la chambre de commerce et d'industrie. "Nous demander davantage c'est du suicide collectif", a-t-elle estimé.

Questionnée sur l'hypothèse de ce possible reconfinement, Annick Girardin, elle, n'a pas souhaité tranché.

M.D. avec AFP