BFMTV

Coronavirus: l'Académie de médecine recommande de surveiller les eaux usées

Le coronavirus vu au microscope

Le coronavirus vu au microscope - AFP

Plusieurs groupes de recherche ont trouvé des éléments du génome du nouveau coronavirus dans les eaux usées, à Paris, Amsterdam ou Brisbane.

Alors qu'un peu partout dans le monde, des traces du Covid-19 ont été trouvées dans les eaux usées, l'Académie de médecine a recommandé ce mardi la surveillance systématique de ce virus et d'autres dans les stations d'épuration en France.

Depuis l'apparition de la maladie en Chine, plusieurs études scientifiques ont relevé la présence du coronavirus dans les selles de patients. Des toilettes aux égouts et aux stations d'épuration, il n'y a qu'un pas qu'ont franchi plusieurs groupes de recherche qui ont vite trouvé des éléments du génome du nouveau coronavirus dans les eaux usées, à Paris, Amsterdam ou Brisbane.

"Un précieux outil" face à "d'éventuelles résurgences"

Ces recherches montrent que la quantité de traces du virus - "rapidement inactivé dans l'eau" - "est corrélée à la courbe épidémique, précédant l'arrivée de la vague, suivant son ascension et diminuant fortement avec sa régression", note l'Académie de médecine dans un communiqué.

"Cette relation temporelle directe avec la vague épidémique et surtout avant même son apparition, peut faire de cet indicateur un précieux outil pour prévoir d'éventuelles résurgences, en testant la présence du virus sur des centaines de milliers de personnes", ajoute-t-elle.

Elle plaide ainsi pour une surveillance "systématique" de la circulation du Covid-19 par l'analyse des eaux usées des stations d'épuration "tant que le virus circulera dans la population".

Des traces retrouvées fin juin à Paris

Selon Le Monde, des traces de Covid-19 ont été à nouveau découvertes fin juin dans les eaux usées à Paris, faisant craindre une résurgence de l'épidémie. Alors qu'à la mi-mai, aucune trace du virus n'était répérée dans les prélèvements, six des douze analyses réalisées du 22 au 25 Juin se sont révélées positives, "à des niveaux minimes", précise le journal.

"S'agit-il d’un signe qu’avec le déconfinement, l’épidémie repart?", s’interroge Anne Souyris, l’adjointe à la Maire de Paris chargée de la santé, dans les colonnes du journal. C’est l’inquiétude, mais nous avons besoin d’éléments complémentaires. »

Une technique pour d'autres virus?

L'Académie recommande également d'étendre cette surveillance à d'autres virus comme les myxovirus (dont fait partie la grippe), les rotavirus (qui provoquent des gastro-entérites) ou les virus respiratoire syncitial (bronchiolite) et de "de constituer une banque de prélèvements permettant rétrospectivement de détecter tout nouveau virus ou agent pathogène qui apparaîtrait dans la population en fixant ainsi le début de l'épidémie".

Dès le mois de mars, le Pr Vincent Maréchal, virologue à Sorbonne université, qui participe à des études menées par le laboratoire de la régie municipale Eau de Paris, avait plaidé pour la création d'un réseau Sentinelle national de surveillance des eaux usées pour permettre d'anticiper une reprise de l'épidémie de Covid-19.

M.D. avec AFP