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Coronavirus en Chine: comment l'origine de la maladie est-elle traquée?

Afin de comprendre l'épidémie, les autorités chinoises ont pour priorité de retrouver le "patient zéro", premier contaminé par le coronavirus.

Face à la propagation du mystérieux coronavirus qui a déjà fait 17 morts dans le pays, les autorités chinoises ont décidé de prendre le problème à bras-le-corps. Ce mercredi, il a été décidé de placer en quarantaine la ville où s'est déclenchée l'épidémie, Wuhan, ainsi que la commune voisine de Huanggang.

Souhaitant éviter une contagion massive, la Chine a décidé d'annuler les festivités du Nouvel an chinois à Pékin. De manière générale, les déplacements durant cette période, qui se chiffrent en centaines de millions, seront étroitement surveillés. 

Un outil de diagnostic efficace 

Pour autant, les travaux se poursuivent afin de comprendre le virus et la manière la plus efficace de l'enrayer. Interrogé par Le Parisien, Arnaud Fontanet, responsable de l'épidémie d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur estime que "l'outil de diagnostic" a été mis en place rapidement et qu'il est "efficace."

"En 2002, les autorités chinoises avaient pendant plusieurs mois minimisé l'épidémie; ce qui avait compliqué notre travail. Là, elles n'ont pas mis l'affaire sous le tapis", détaille-t-il encore.

Toutefois, plusieurs éléments manquent encore pour encore mieux appréhender le virus, notamment l'identité du premier patient contaminé. "On ignore qui il est. [...] Peut-être que nos collègues chinois le savent, mais nous ne disposons pas de cette information." 

L'importance du "patient zéro" 

Pourquoi ce point est-il si important? "En fonction de sa profession, de ses habitudes de vie, des contacts qu'il a eus, on va pouvoir remonter à l'animal-source, celui qui a transmis l'agent pathogène", explique encore au quotidien francilien Arnaud Fontanet, qui rappelle que pour l'épidémie du Sras, le premier patient avait été infecté par une civette. 

De fait, l'attention des autorités chinoises se porte tout naturellement vers les marchés, et celui de Wuhan a été fermé depuis le 1er janvier et les premiers cas répertoriés. 

"En Chine, les marchés ont une particularité: on y vend des animaux vivants, y compris sauvages. [...] Or, les coronavirus sont à l'origine hébergés par ces animaux", dont des volailles, serpents ou encore insectes, conclut-il. 
Hugo Septier