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Coronavirus: Didier Raoult défend encore l'hydroxychloroquine, avec la publication de nouveaux résultats

Le professeur Didier Raoult dans son bureau à Marseille.

Le professeur Didier Raoult dans son bureau à Marseille. - Capture d'écran Youtube

Pour les équipes du professeur Raoult, un diagnostic et un traitement rapide à l'hydroxychloroquine permettent d'obtenir un résultat clinique convaincant.

Le débat autour de l'hydroxychloroquine n'en finit plus de déchaîner les passions. Moins d'une semaine après la publication de l'incendiaire étude de The Lancet, qui dénonçait l'inefficacité, voire la mortalité dans certains cas de l'utilisation de cette substance dans le cadre du traitement du Covid-19, et quelques heures après l'arrêt de son utilisation dans les hôpitaux français, le professeur Didier Raoult contre-attaque. 

Le responsable de l'IHU Méditerranée Infection (l'Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille) a en effet publié, ce mercredi soir, un résumé de sa propre étude, qui porte sur plus de 3700 patients, contre 1061 auparavant.

Pas de morts subites

Sur les réseaux sociaux, ce dernier a assuré qu'il s'agissait de "la plus grande cohorte suivie dans un seul et même centre dans le monde", et que les travaux ne montraient "ni torsades de pointes, ni morts subites." 

Dans le détail, ce bref résumé note que parmi les 3737 patients de cette cohorte, dont la moyenne d'âge était de 45 ans, 3054 (81,7%) ont été traités par l'association hydroxychloroquine-azithromycine pendant au moins trois jours et 683 (18,3%) patients traités par "d'autres méthodes", reprend le quotidien Le Parisien. Le taux de mortalité y était de seulement 0,9% et aucun cas de mort subite n'a été noté, affirme le résumé.

Ainsi, pour les équipes du professeur Raoult, les conclusions ne sont on ne peut plus claires. "Un diagnostic précoce, un isolement précoce et un traitement précoce avec au moins trois jours d'hydroxychloroquine-azithromycine (HCQ-AZ) permettent d'obtenir un résultat clinique et une contagiosité nettement meilleurs chez les patients atteints de Covid-19 que les autres traitements."

La question des effets secondaires

Mais cette nouvelle étude ne suit pas les canons scientifiques les plus stricts, ce qui est reproché à Didier Raoult par certains de ses pairs depuis le début de la polémique: randomisation (les patients sont choisis par tirage au sort), présence d’un "groupe témoin" (des patients reçoivent le traitement, d'autres non) et "double-aveugle" (patients et médecins ne savent pas qui a pris le traitement et qui a reçu le placebo). Mais ce type d'essai est lourd et long à mettre sur pied: une lenteur qui est la principale justification du Pr Didier Raoult, qui a décidé d'administrer HCQ et azithromycine à des patients dès les premiers symptômes. 

"Ce médicament n’a pas encore montré d’efficacité, on ne va pas le prescrire en faisant courir un risque au patient qui ne décéderait pas du Covid mais va décéder d’un accident cardiaque", commente ce jeudi sur BFMTV Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Ambroise. "On a eu des signaux (…) en Paca, en Bretagne, en Aquitaine où des patients sont décédés d’effets secondaires de la chloroquine".

Après l’interdiction de la prescription de l’hydroxychloroquine hors essai clinique, l’IHU dirigé par le professeur Raoult a pour sa part annoncé qu’il continuera à "traiter (ses) patients avec les traitements les plus adaptés".

Hugo Septier