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Comment surmonter le traumatisme après un attentat?

Après avoir survécu à un attentat, pas simple de tourner la page. Certains rescapés se tournent alors vers des thérapies dites "cognitives" à l'instar de la méthode Dmoka. Cette dernière repose notamment sur des mouvements des yeux et des tapements de mains pour désactiver les traumatismes.

Géraldine est l'une des rescapés des attentats au musée du Bardo, il y a un peu plus d'un an à Tunis. Durant plus d'une heure et demi, elle est restée confinée dans une salle en entendant des tirs et en attendant les secours. Ces minutes très douloureuses sont restées gravées en elle. A tel point que Géraldine cumulait les crises de panique, jusqu'à trois fois par jour.

"C'est comme si vous tombiez en panne, en voiture, sur une voie ferrée, que votre ceinture reste bloquée et qu'un TGV arrive", décrit la rescapée du Bardo. "On a l'impression de devenir fou, que l'on va mourir", ajoute-t-elle.

Les séances chez le psy, les traitements n'ayant pas fonctionné, Géraldine s'est penchée sur la méthode Dmoka (prononcer "démoka", comprendre "déprogrammation par les mouvements oculaires, kinesthésiques et auditifs). Son but: vaincre son repli sur soi, sa haine et son pessimisme en l'avenir.

"On déroule la bobine"

En quelque sorte, il s'agit d'une désensibilisation. La méthode vise à se replonger dans l’évènement traumatisant pour réussir à l’occulter.

"La première séance est toujours très difficile pour ceux qui ont vécu une scène de viol ou d'attentat car on replonge de manière plus lente dans ces scènes terribles. On déroule en quelque sorte la bobine. Il y a souvent des pleurs, des cris", confesse Brigitte Siffre-Ecarot, praticienne Dmoka.

Dans le même temps, la biothérapeute procède à des mouvements oculaires et à du "tapping", en stimulant avec ses mains celles de son patient afin d'évacuer tous les blocages du corps.

Les effets de la thérapie sont souvent rapides. Entre une et cinq séances sont préconisées en fonction de l'état de stress post-traumatique. Après sa première consultation, Géraldine s'est sentie "soulagée", "libérée d'un poids".

"J'y croyais pas du tout. Mais depuis cette séance, j'ai revécu", confie la rescapée du Bardo.

Depuis fin novembre, Géraldine se réjouit de n'avoir eu que "trois crises de panique". Mais les attentats de Bruxelles ont de nouveau fait resurgir de mauvais souvenirs.

P. P. avec Margaux de Frouville et Caroline Fayolle