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Cancer du sein: l'étude "MyPebs" s'ouvre à 20.000 femmes pour tester un dépistage personnalisé

Une chambre d'hôpital. (Photo d'illustration)

Une chambre d'hôpital. (Photo d'illustration) - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Sur les 20.000 femmes sélectionnées en France, la moitié suivront le dépistage traditionnel afin d'évaluer le succès du test personnalisé.

Un dépistage du cancer du sein "personnalisé", à partir de 40 ans. C'est ce que propose l'étude européenne My Personal Breast Screening, raccourcie en "MyPebs", dont Le Parisien annonce le lancement en France ce mardi. 

Ce protocole censé durer six ans concernera 20.000 femmes en France et 85.000 en Europe. Au lieu des mammographies recommandées tous les deux ans dans le cadre du dépistage, le suivi est censé être adapté à la personne. 

Il se découpe en quatre grandes étapes, explique Le Parisien: un test salivaire pour analyser les polymorphismes de l'ADN, le recueil de données variées comme l'âge, les antécédents familiaux, le statut hormonal ou la densité mammaire, l'estimation de risque de cancer dans les cinq ans, et enfin l'adaptation de la fréquence du dépistage. 

Ce suivi individualisé, les femmes à très haut risque en raison d'une prédisposition génétique en bénéficient déjà. Désormais, toute femme à partir de 40 ans, si elle n'a pas d'antécédent de cancer du sein et réside dans un des 30 départements concernés, pourra se porter volontaire pour participer à l'étude notamment via ce lien, ou y être invitée par un centre de dépistage.

A peine 50% de dépistages parmi la population-cible

Attention toutefois: comme c'est une étude, les participantes seront tirées au sort pour suivre soit le parcours personnalisé, soit être intégrées au groupe témoin suivant le protocole traditionnel. 

En 2017, à peine 50% des femmes ciblées (entre 50 et 74 ans) participaient au dépistage conseillé de mammographies tous les deux ans, contre les 70% visés par l'objectif européen, rappelle l'Institut national du cancer. Pourtant, le cancer du sein est le plus mortel pour les femmes, avec près de 12.000 morts par an sur environ 54.000 cas détectés - d'après des données en 2015.

Le dépistage "est mis à mal mais il est un élément central de santé publique", rappelle le Dr Bruno Cutuli dans Le Parisien. "Quand je vois en consultation une femme avec un cancer avancé qui est venue très tard parce qu'elle avait lu que le dépistage ne servait à rien, cela me rend fou de rage". 
Liv Audigane