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Bordeaux: une situation sanitaire qui "s'améliore" mais demeure "préoccupante"

L'Hôtel de ville de Bordeaux (Photo d'illustration).

L'Hôtel de ville de Bordeaux (Photo d'illustration). - Flickr - CC Commons - NeiTech

Bordeaux fait partie des quelques métropoles françaises à avoir échappé au couvre-feu. La mise en place de mesures contraignantes dès le milieu du mois de septembre et leur respect par ses habitants peuvent expliquer la stagnation du virus actuellement constatée.

Paris, Lille, Lyon, Grenoble, Marseille, Toulouse, Montpellier, Rouen et Saint-Etienne. Dans la liste des grandes villes françaises où les indicateurs se sont fortement dégradés, et qui sont à ce titre concernées par la mise en place d'un couvre-feu ce vendredi soir à minuit, une métropole du Sud-Ouest fait partie des grands absents: Bordeaux.

Placée en alerte renforcée, elle n'a ni basculé en alerte maximale, ni dû mettre en place cette nouvelle règle après la prise de parole d'Emmanuel Macron mercredi, alors même que la situation il y a quelques semaines encore y inquiétait les autorités sanitaires. BFMTV.com fait le point sur l'épidémie dans la métropole.

"Epidémie toujours sévère"

En Gironde, la circulation du virus marque actuellement un ralentissement mais reste tout de même particulièrement active, et notamment à Bordeaux, notait dans un communiqué daté du 9 octobre la préfecture de la Gironde.

"La situation sanitaire s’améliore en Gironde mais demeure préoccupante avec une circulation toujours active du virus. C’est la raison pour laquelle le département reste placé en 'alerte renforcée'. Dans la métropole bordelaise en particulier, l’épidémie est toujours sévère avec des taux d’incidence 3 à 4 fois plus élevés qu’ailleurs en Gironde", peut-on lire dans ce document.

Un taux d'incidence en baisse

Au niveau des données, le taux d'incidence, essentiel pour estimer la propagation du virus, a diminué dans le département de la Gironde, passant de 101,9 cas positifs pour 100.000 habitants, lors du point du 2 octobre, à 96,6 lors de celui du 9 octobre, selon l'ARS Nouvelle-Aquitaine. Les nouvelles données pour la semaine en cours doivent être communiquées ce vendredi en fin de journée.

De même, si l'incidence peut sembler plus élevée pour Bordeaux Métropole (150,4/100.000 habitants) et Bordeaux seule (190,6/100.000 habitants) que dans le reste du département, elle reste tout de même plus basse que dans d'autres grandes villes, plutôt autour de 300, comme à Lille (308 dans la métropole européenne au 9 octobre), voire 400, comme c'est le cas à Paris (431 ce jeudi 15 octobre).

"Il faut rester très prudent"

Concernant les hospitalisations, les chiffres augmentent légèrement pour la Gironde, passant de 157 personnes hospitalisées à 184 sur une semaine. Les passages en réanimation sont également en hausse, passant de 27 à 30. De même pour le taux de positivité des tests, qui s'élève désormais à 9,1%, contre 7,6% une semaine plus tôt.

Une disparité au sein des données qui amène les autorités sanitaires à être mesurées. "Il faut rester très prudent, ne pas créer de faux espoirs et un relâchement. Soyons clairs: on n’a pas enrayé l’épidémie", a ainsi indiqué ce jeudi la préfète de la Gironde Fabienne Buccio au Figaro.

Si la Gironde et Bordeaux ne font donc pas face à une très forte hausse de leurs indicateurs, cela peut en partie s'expliquer par les mesures prises, dès le milieu du mois de septembre, pour prévenir la propagation du virus, qualifées d'"assez fortes" par la préfète Fabienne Buccio lors d'une conférence de presse jeudi.

La préfète souligne le respect des mesures

Les mesures sont cependant, pour la plupart, communes à toutes les villes passées en alerte renforcée fin septembre, de la fermeture des salles de sport et piscines couvertes à l'interdiction des rassemblements de plus de dix personnes dans l'espace public. Tous les bars de la métropole bordelaise ont dû fermer leurs portes à 22 heures, avec le risque d'une fermeture définitive en cas de non-application de la règle.

Des précautions ont cependant été prises tôt à l'université, où le masque a été imposé sur tout le campus "à la rentrée" et les amphithéâtres remplis à 50% de leur capacité "dès la reprise des cours", a noté Christophe Tzourio, professeur en épidémiologie à l’université de Bordeaux auprès du Figaro. A l'échelle nationale, c'est le 5 octobre que la décision de réduire de moitié la capacité d'accueil des établissements d'enseignement supérieur a été prise, dans les zones d'alerte renforcée et d'alerte maximale.

Mais si ces mesures semblent avoir montré leurs effets, c'est grâce à la population "qui les a approuvées en les respectant", a souligné Fabienne Buccio jeudi. Dans son communiqué de presse du 9 octobre, la préfète de la Gironde tenait déjà "à remercier les Girondines et les Girondins pour le respect de ces mesures", des comportements qui ont permis au département et à la métropole d'être "sur le bon chemin".

Clément Boutin Journaliste BFMTV