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Bataille judiciaire au CHU de la Martinique autour du pass sanitaire

CHU de Fort-de-France.

CHU de Fort-de-France. - Lionel CHAMOISEAU

La justice a ordonné à une intersyndicale de santé de Martinique, opposée à l'entrée en vigueur du pass sanitaire, de libérer l'accès du CHU.

Les syndicats de la santé de Martinique mobilisés contre la mise en place du pass sanitaire, devront libérer l'accès du CHU, avec une astreinte de 500 euros par jour, a ordonné le tribunal judiciaire de Fort-de-France ce lundi.

Le pass sanitaire est obligatoire sur l'île depuis le 11 octobre pour les visiteurs et les salariés du CHU, mais une intersyndicale composée de cinq organisations s'oppose à l'entrée en vigueur de cette disposition en perturbant les opérations de contrôle.

Le 14 octobre, la direction du CHU de Martinique a assigné en référé cinq organisations syndicales pour "l'obstruction dans la mise en place d'une obligation légale" et "une atteinte grave portée à la santé et à la sécurité du personnel et des usagers".

"Nous avons assisté dans les constats d'huissier à des menaces, à des intimidations, à des injures, à des pressions de toute sorte qui empêchent la continuité du service public de santé et d'assurer la sécurité" a déclaré à l'AFP l'avocate du CHU Me Pascale Berté.

Recours en excès de pouvoir déposé

Les syndicats ont déposé parallèlement un recours en excès de pouvoir auprès du tribunal administratif, qui devra prochainement rendre sa décision.

"Nous n'avons rien perdu, nous serons devant le tribunal administratif pour dénoncer ce pass sanitaire qui entrave le droit du travail, qui entrave le dialogue social, qui entrave la paix et la santé" a déclaré à l'AFP Me Georges-Emmanuel Germany, l'avocat des syndicats.

Une centaine de manifestants vêtus de tee-shirts et de blouses blanches attendaient devant le tribunal judiciaire leur avocat venu lire le délibéré.

Un peu plus tôt dans la journée, environ 800 personnes, selon la police, s'étaient rassemblées pacifiquement pour un sit-in devant le CHU, tous en tee-shirt blanc, pour dénoncer la poursuite des contrôles de pass sanitaires.

Une réunion extraordinaire est prévue mardi pour aborder les violences qui se sont produites au CHU vendredi dernier, durant lesquelles trois personnes avaient été interpellées. Plus de 600 soignants ont déjà exercé leur droit de retrait.

F.R. avec AFP