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Covid-19: les Français qui refusent leur 3e dose pourraient-ils être privés de pass sanitaire?

Le Premier ministre Jean Castex s'en remet à l'avis de la Haute Autorité de Santé afin de savoir si cette hypothèse est viable ou non.

Comment va évoluer la lutte contre le Covid-19 en France? Alors que le taux d'incidence national remonte peu à peu à l'échelle nationale ces dernières semaines et que plusieurs départements, dont la Meuse et la Lozère, sont concernés par une circulation bien plus forte du virus, l'exécutif réfléchit à la manière d'endiguer définitivement la pandémie.

La parole à la HAS

Ce lundi, lors d'une rencontre inopinée avec la presse à Rome, le Premier ministre Jean Castex, qui quelques heures plus tôt avait pu s'entretenir avec le pape François au Vatican, a évoqué l'une de ces hypothèses. Pour lui, il serait possible de conditionner le pass sanitaire des Français à l'injection d'une dose de rappel et donc, par extension, de suspendre le document des individus qui refuseraient cette fameuse troisième dose.

"Les conditions pour bénéficier du pass sont fixées par la HAS (Haute Autorité de Santé). A la HAS de nous dire si nous devons ou non étendre l'éligibilité du pass à la troisième dose? L'avis est sollicité", a-t-il lâché.

Auprès de BFMTV, Matignon temporise. "La question de suspendre le pass vaccinal à une troisième dose va être soumise à l’arbitrage du président de la République et du Premier ministre. Puis, si c’est validé, il faudra un avis de la HAS et du Conseil scientifique", nous indique-t-on.

"Mauvaise idée"

Du côté des professionnels de la santé, l'idée ne fait pas recette. Contacté par notre antenne, le professeur Yves Buisson, membre de l'Académie nationale de médecine et président du groupe Covid-19 estime qu'il s'agit d'une "mauvaise idée."

"Si la mesure requise est de supprimer le pass sanitaire de personnes qui ont reçu deux vaccinations au prétexte qu’elles refusent ou qu’elles n’ont pas encore fait leur injection de rappel, c’est une mauvaise idée. [...] Cette troisième dose n'a pas une importance épidémiologique considérable qui est démontrée. Il faut plutôt inciter les personnes qui ne sont pas encore vaccinées à le faire. Ça, ce sera plus efficace qu'aller enquiquiner ces personnes", estime-t-il.

Pour lui, "ce n'est pas l'objectif d'une campagne de vaccination que de s'acharner sur ces personnes-là."

"Quand on a deux doses, c'est bien. Deux doses, plus un rappel, c'est mieux", ajoute-t-il.

Du côté de la HAS, on estime qu'il s'agit d'une "position qui est plus politique que scientifique", explique à BFMTV Jean Daniel Lelievre, chef de service en maladie infectieuse à l'hôpital Henri Mondor et expert à la Haute Autorité de Santé. "Si le gouvernement nous sollicite là-dessus, nous apporterons une réponse. Mais à mon sens personnel, ce n’est pas le rôle de la Haute autorité de santé de se prononcer là-dessus."

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV