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AstraZeneca: une enquête ouverte après la mort d'un étudiant vacciné à Nantes

Un étudiant en médecine a été retrouvé mort jeudi dernier dans son appartement, 10 jours après avoir reçu une injection d'AstraZeneca. L'Agence nationale de santé et du médicament a souligné que rien ne permettait d'affirmer "à ce stade" que les deux événements étaient liés, mais le procureur de la République a réclamé des examens complémentaires.

Un étudiant en cinquième année de médecine et interne au CHU a été retrouvé mort jeudi dernier dans son appartement de Nantes, a révélé Ouest-France lundi. Ce sont les pompiers qui ont retrouvé le corps sans vie d'Anthony, dans cette habitation où il vivait seul, après avoir été contactés par les proches du jeune homme, inquiets de rester sans nouvelles.

L'avocat de la famille, Me Etienne Boittin, confirme à BFMTV qu'il avait reçu une injection du vaccin AstraZeneca le 8 mars, soit dix jours avant sa mort. Le défunt de 24 ans était par ailleurs "en parfaite santé, sans antécédent médical".

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a toutefois souligné au quotidien, par l'entremise d'un porte-parole: "À ce stade, rien ne permet de faire le lien entre le décès et la vaccination. Ce cas de décès fait l’objet d’une investigation clinique approfondie par les centres régionaux de pharmacovigilance".

Le procureur demande des examens complémentaires

Des procédures ont en effet été lancées en conséquence après la mort d'Anthony Rio. "Le procureur de la République a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort. Dans ce cadre, une autopsie a été réalisée et des expertises complémentaires sont en cours afin de déterminer les causes du décès qui à ce stade ne sont pas connues", a aussi précisé l'Agence régionale de santé des Pays de la Loire à l'AFP.

"L'enquête a permis d'établir que la personne décédée avait été vaccinée contre le Covid 19 (Astra Zeneca) le 8 mars 2021. Une autopsie médico légale a été réalisée le 19 mars 2021 dont les conclusions ont été communiquées au parquet le 22 mars", indique de son côté dans un communiqué le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès.

"Afin de préciser les causes et les circonstances de la mort, il est apparu nécessaire de procéder à des analyses complémentaires. En l'état, il convient d'attendre les conclusions de ces expertises pour déterminer avec certitude les causes du décès", ajoute le magistrat.

"Nous n'avons pas d'élément permettant d'affirmer ou d'infirmer le lien de causalité entre la vaccination et la survenance de la thrombose", confirme à notre antenne Me Boittin.

"Un signalement a été effectué auprès de la pharmacovigilance et de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), comme cela est prévu par la procédure", a encore noté l'ARS. Des analyses sont encore en cours mais le rapport d'autopsie, qu'une source proche du dossier a cité à Ouest France, mentionne "une hémorragie interne causée par une thrombose".

Trois cas signalés pour 1,4 million de doses en France

Si l'Agence nationale de sécurité du médicament a donc signalé qu'il n'était pas possible pour le moment d'établir un lien entre cette mort et l'injection d'AstraZeneca, le drame s'inscrit sur une toile de fond déjà chargée autour de ce vaccin. Dans son avis rendu vendredi, la Haute Autorité de Santé recensait les signalements enregistrés en Europe, qui restaient extrêmement rares au regard du nombre d'injections réalisées:

"À la date du 16 mars 2021, 18 cas de thrombose veineuse cérébrale (TVC) et 7 cas de de coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) ont été signalés à l’Agence européenne des médicaments par les États membres et le Royaume-Uni sur environ 20 millions de personnes vaccinées par le vaccin AstraZeneca. Ces 25 événements ont entraîné le décès dans 9 cas. (...) En France, au 16 mars 2021, un cas de CIVD (femme de 26 ans) deux cas de TVC sans thrombopénies associées (homme de 51 ans et femme de 24 ans) ont été signalés pour 1,4 million de doses du vaccin AstraZeneca administrées".

Un deuil et des questions

La veille, jeudi dernier donc, l'Agence européenne des médicaments, avait estimé que le vaccin "AstraZeneca" était "sûr et efficace", évoquant toutefois un "possible surrisque" de troubles de la coagulation et de formation de caillots.

Dans la foulée, une équipe de chercheurs norvégiens affiliés à l'hôpital universitaire d'Oslo a conclu dans son étude que l'injection du vaccin pouvait entraîner une "réponse immunitaire sévère" à l'origine de la formation de caillots chez certains patients où la production des anticorps entre en collision avec l'action des plaquettes sanguines.

Les regards de la famille endeuillée se tournent ainsi vers le vaccin, attendant des réponses. Le frère du défunt, qui a pu lui parler la veille de sa mort, s'est exprimé auprès de Ouest-France.

"La famille se pose des questions autour du vaccin. C’est inévitable. (...) Il n’avait aucun antécédent médical, aucune maladie, rien", a-t-il dit, ajoutant seulement que son frère souffrait du ventre. "Alors ce vaccin, c’est la seule branche à laquelle on peut se raccrocher pour comprendre ce qui s’est passé", a-t-il complété. Les résultats approfondis de l'autopsie ne seront pas connus avant trois ou quatre semaines.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV