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Alain Fischer, "M. Vaccin" du gouvernement, table sur un retour à la vie normale "à l'été, automne"

Le professeur Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, était l'invité de BFMTV-RMC ce lundi matin.

Encore quelques mois à patienter? Pour le "Monsieur Vaccin" du gouvernement, Alain Fischer, invité ce lundi matin de BFMTV-RMC, le début d'un retour à la vie normale pourrait intervenir "à l'été, automne".

"Il faut un certain temps, parce que pour que la vie redevienne normale, il faut que la circulation du virus ait franchement diminué et que les personnes les plus vulnérables soient protégées, soit 20 millions de Français. En tous les cas, toutes celles qui le veulent. Donc il faut un certain temps", a résumé le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale.

"Pour les personnes fragiles, on ne devrait pas être pas loin du but d'ici fin mai. Mais pour faire diminuer la circulation du virus, il faut que les plus jeunes, moins fragiles mais qui disséminent le virus, le, fassent cet été. Donc on arrive à l'été, l'automne pour une vie normale", a-t-il développé, soulignant que l'"on ressent dès aujourd'hui" l'impact de la vaccination "sur les personnes très âgées en maisons de retraite, plus de 90% d'entre elles ont été vaccinées, ce qui est un beau résultat".

"On observe aussi que pour les personnes âgées d'une manière plus générale, au-delà de 80 ans au moins, le nombre de personnes hospitalisées diminue très franchement. Donc on oberve des effets, bien sûr on en est qu'au début, mais ce sont des effets tangibles de la vaccination", a ajouté Alain Fischer.

Vacciner tous ceux qui le souhaitent? "Pas vraiment une bonne idée"

Quant à la proposition formulée dimanche par la maire de Paris Anne Hidalgo d'ouvrir la vaccination à "tous ceux" qui le souhaitent, pour la rendre "plus efficace", Alain Fischer a jugé que ce n'est "pas vraiment une bonne idée". "Ce n'est pas un jugement politique, c'est purement scientifique", a-t-il précisé.

Tout en reconnaissant que l'objectif de vacciner 10 millions de Français d'ici la mi-avril est "un peu tendu", Alain Fischer a ici rappelé que "la priorité, c’est d’abord de protéger les personnes les plus fragiles, qui sont susceptibles d'être hospitalisées plus que d’autres, qui sont susceptibles d’aller en réanimation plus que d’autres et qui sont susceptibles de décéder".

"La priorité c'est de sauver ces vies et de protéger autant qu'on le peut notre système hospitalier. (...) Il faut faire des choix et le choix c’est priorité toute, et après on passera aux autres", a-t-il martelé, après avoir dénoncé l'"attitude totalement irresponsable" des milliers de carnavaliers non-masqués qui se sont rassemblés dimanche à Marseille.
Adrienne Sigel