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Xavier Bertrand contourne les syndicats

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Le ministre du travail est passé outre la position commune signée par les partenaires sociaux. Riposte attendue dans la rue le 17 juin.

Comme le veut la loi, avant chaque projet de loi sur le travail et le social, syndicats de salariés et syndicats patronaux ont négocié une position commune que le gouvernement a traduit dans le projet de loi présenté au Parlement. Ainsi, pendant un an, Xavier Bertrand a demandé aux partenaires sociaux (CGT, CFDT, Medef, etc...) de plancher sur une « position commune » autour de la représentativité syndicale. Cet accord, signé par tous les partenaires, prévoyait également un volet permettant aux entreprises de déroger de manière expérimentale au quota heures supplémentaires...

Or, au moment de traduire cet accord dans la loi, Xavier Bertrand s'est permis de modifier cette partie, y ajoutant des dispositions qui généralisaient en fait d'autres modalités, négociables entreprise par entreprise, comme les repos compensateurs, les forfaits annuels etc...

Dans le cadre des négociations préalables sur ce genre de texte, passer outre la signature d'un accord entre les partenaires sociaux pour rajouter des dispositions non négociées équivaut pour les syndicats à une attaque frontale. En effet, dès la réception de l'avant-projet de loi rédigé par Xavier Bertrand, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a parlé d'une « provocation », accusant le gouvernement de « renier ses engagements ». Pour Bernard Thibault, de la CGT, « Xavier Bertrand manie le mensonge » et utilise « une méthode malhonnête ».

L'attitude de Xavier Bertrand a également déplu jusqu'au MEDEF où Laurence Parisot, la présidente du syndicat des patrons, a demandé au ministre du Travail de « respecter le travail des partenaires sociaux ».

Jeudi, Xavier Bertrand s'est justifié, expliquant qu'il « assumait » sa décision de passer outre la « position commune » et précisant dans Le Figaro qu'on « avait annoncé la couleur dès la campagne électorale ».

Dès hier soir, la CGT et la CFDT ont appelé à une journée de grève et de manifestations le 17 juin prochain pour combattre la remise en cause des 35 heures, une revendication qui vient s'ajouter à celle concernant l'allongement de la durée de cotisation retraite.

La rédaction