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Valls et les anciens socialistes, parias de la majorité

Richard Ferrand dans l'Hémicycle.

Richard Ferrand dans l'Hémicycle. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Les marcheurs, nouveaux venus en politique, expriment au sein du groupe majoritaire une forme de défiance à l'encontre des "sortants", dont Manuel Valls est l'incarnation.

Si le gouvernement d'Édouard Philippe ne manque pas de socialistes repentis, désormais acquis à la cause présidentielle, les députés de la majorité issus du Parti socialiste ne sont pas intégrés avec la même facilité. Les anciens partisans de la rose au poing ne sont que trois (Jean-Jacques Bridey, Brigitte Bourguignon et Olivier Véran) à avoir obtenu des responsabilités au palais Bourbon.

"Plus vous dites que vous avez appris à faire deux ou trois trucs dans la précédente législature, plus vous êtes discrédité", regrette une élue dans L'Opinion.

Les apôtres du renouvellement triomphant se défient des "sortants" de la majorité, contre qui ils n'hésitent pas à s'organiser. Lors des votes d'attribution des postes en commission, "des marcheurs ont constitué des groupes sur Telegram, l’application de messagerie sécurisée, pour se soutenir entre eux et voter contre les députés PS sortants", relate un député de La République en marche.

"Tous les députés ne se valent pas?"

Le cas de Manuel Valls, apparenté au groupe LREM, illustre particulièrement la défiance qui frappe les figures de la "vieille politique". Tard mardi soir, dans la salle Victor-Hugo du palais Bourbon où était assemblés les députés macronistes, les primo-députés menaient la charge contre l'ancien Premier ministre.

Une jeune élue demande: "Il est dans quelle commission, Valls? Qu’est-ce qu’il a demandé en premier choix?" - à la manière des vœux du système Admission post-bac, chaque représentant de la majorité devait formuler ses desiderata pour les postes à pourvoir en commissions. "Euh... il a demandé la commission des Lois", répond Coralie Dubost. "Et on va lui donner?", s'enquiert la députée. "Ben oui...", rétorque la vice-présidente du groupe.

"Et pourquoi Valls il a son premier choix, et moi je n’ai que le quatrième?", s'insurge la représentante de la nation.

C'en est trop pour une ex-socialiste: "Parce que toi t’es élue depuis 8 jours et que lui, c’est un ancien Premier ministre!" "Ah bon, tous les députés ne se valent pas?", insiste la novice. "Ben non, tous les députés ne se valent pas!", tranche l'élue transfuge. 

"On n’humilie pas un ancien Premier ministre", avait pourtant expliqué Emmanuel Macron à son entourage, pour justifier l'absence de candidat LREM face à l'ancien maire d'Évry. La consigne n'a pas été entendue par tous dans la majorité. 

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Manuel Valls

Louis Nadau