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Un élu régional quitte La France Insoumise et annonce qu'il votera pour le RN aux européennes

Andréa Kotarac, 30 ans, est conseiller régional en Auvergne-Rhône-Alpes. Il a été membre de l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017.

Un conseiller régional en Auvergne-Rhône-Alpes et membre de La France Insoumise a annoncé ce mardi sur notre antenne qu'il voterait pour la liste Rassemblement national menée par Jordan Bardella aux élections européennes du 26 mai prochain. 

Interrogé par Ruth Elkrief, l'insoumis Andréa Kotarac a par ailleurs fait savoir qu'il quittait le parti de Jean-Luc Mélenchon. "J’ai adhéré à la France insoumise la moitié de ma vie, et aujourd'hui j’ai donc décidé de quitter la France insoumise", a-t-il affirmé sur notre plateau.

"Et donc j'appelle à voter pour la seule liste souverainiste, la seule apte à faire barrage à Emmanuel Macron, celle de Jordan Bardella" du Rassemblement national. Il précise cependant ne pas adhérer au parti de Marine Le Pen.

Ex-membre de l'équipe de campagne de Mélenchon

L'ancien élu LFI indique avoir été "appelé et soutenu" par la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen. Par ailleurs, le Rassemblement national a salué ce mardi dans un communiqué "le courage et la lucidité de cet élu réellement insoumis".

"Bien entendu, mes annonces sur BFMTV seront suivies par des actes forts : oui je vais rendre mon mandat de conseiller régional conformément à l’éthique qui est la mienne", a tweeté Andréa Kotarac à la suite de son intervention télévisée sur notre antenne.

"Je suis d'accord sur la défense de la souveraineté nationale et la nécessité de s'allier à la Russie"

Âgé de 30 ans, l'élu régional se présente sur les réseaux sociaux comme "un souverainiste" et élu du groupe "Rassemblement citoyen écologiste et solidaire" à la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il a été membre de l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017.

Andréa Kotarac se dit "déçu" de la campagne de la France insoumise: "la pensée mélenchoniste indépendante à laquelle j'ai adhéré est en ce moment minoritaire au sein de la France insoumise, voire ultra-minoritaire au sein de la gauche", a-t-il regretté.

Au mois d'avril dernier, Andréa Kotarac s'était rendu au forum économique international de Yalta, en Crimée, où se trouvaient aussi Thierry Mariani ou encore Marion Maréchal, du Rassemblement national. Plusieurs cadres de la France insoumise avaient alors fait part de leur étonnement quant à sa présence, comme le rapportait le journal Le Monde.

"Je ne suis pas d’accord avec (Thierry) Mariani et (Marion) Maréchal sur de nombreux sujets. Mais sur la défense de la souveraineté nationale et sur la nécessité de s’allier à la Russie, je suis d’accord (...) Je suis venu pour dire qu’une partie de la gauche française ne considère pas la Russie en ennemi, bien au contraire", avait-il déclaré au Monde.

"Immédiatement exclu" du Parti de Gauche

Le conseiller régional explique également avoir été approché par le RN au moment où il avait été critiqué de toutes parts par ses anciens collègues de la France insoumise pour avoir pris part à ce forum.

"Le sort des traîtres m'intéresse peu", a vivement réagi le député LFI du Nord Adrien Quatennens sur notre antenne. Ses anciens collègues insoumis d'Auvergne-Rhône-Alpes, eux, se sont dits "sidérés par l'annonce d'Andréa Kotarac". "Nous prenons la décision de l'exclure du groupe dès ce soir pour comportement et propos totalement incompatibles avec les valeurs du Rassemblement citoyen écologiste et solidaire", ont-il dénoncé mardi dans une publication sur Twitter.

Puis dans la foulée, le Parti de Gauche a annoncé "son exclusion immédiate", indiquant sur Twitter: "sa décision va à l'encontre de tous les principes républicains que défendent le Parti de gauche et la France Insoumise". Le parti qualifie cette décision d'"épiphénomène" et ajoute que "l'histoire du mouvement révolutionnaire a toujours été émaillé de quelques dérives individuelles vers le fascisme".

Jeanne Bulant