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Un an après le début de l'affaire, Benalla dit regretter les événements du 1er-Mai

Un an après le déclenchement de l'affaire, Alexandre Benalla prend la parole dans une interview au Nouvel économiste. L'ex-chargé de mission d'Emmanuel Macron revient sur l'interminable feuilleton qui l'a rendu public, et il dépeint sa nouvelle vie d'entrepreneur au Maroc.

Le 18 juillet dernier, le journal Le Monde publiait un article qui allait déclencher "l'affaire Benalla". À l'époque, le jeune chargé de mission auprès de la présidence de la République concentrait toutes les critiques pour avoir violenté des manifestants le 1er-Mai à Paris, habillé en policier. Depuis, le collaborateur d'Emmanuel Macron a été limogé et l'affaire a connu de multiples rebondissements. Sept procédures judiciaires ont été ouvertes. 

Un an après, Alexandre Benalla revient notamment sur ces événements dans un long entretien au journal Le Nouvel économiste. Le père de famille affirme qu'il a tourné la page de "l'affaire Benalla", même s'il concède avoir quelques regrets.

La collaboration à l'Élysée, "un temps révolu pour moi"

"La collaboration à la présidence de la République est un temps révolu pour moi", certifie-t-il au journal avant d'ajouter: "Je suis fier d’avoir servi Emmanuel Macron et la seule chose qui me gêne est d’avoir à un moment donné pu susciter la suspicion sur quelqu’un qui m’a fait confiance".
"Si c’était à refaire, au vu du tort que cela a causé, je serais resté chez moi le 1er-Mai", confie néanmoins Alexandre Benalla, évoquant la scène place de la Contrescarpe à Paris. "J’ai toujours été un battant, je suis un passionné de la sécurité et de la politique, j’ai pris des coups mais je rebondis"

Après "le temps politico-médiatique", puis "le temps judiciaire" de l'interminable affaire, Alexandre Benalla envisage déjà le temps "économique" qui est en train de lui permettre de "rebondir".

L'ancien chargé de mission du président se présente désormais comme un chef d'entreprise et explique être, depuis novembre 2018, à la tête d'une société "de conseil et de sécurité" basée au Maroc et baptisée Comya. Et le trentenaire est ambitieux. Il veut déjà faire de cette entreprise (qui combine ses trois passions) “un géant européen” de la sécurité et de l’intelligence économique en Afrique".

"Personne n’a dit que Benalla ne savait pas travailler"

"Ce qui aurait pu être rédhibitoire pour mon projet d’entreprise aurait été que l’on mette en cause mes compétences professionnelles, or personne n’a dit que Benalla ne savait pas travailler. C’est même le contraire", se targue l'ancien collaborateur du président.
"La marque Benalla permet à certains de gagner de l’argent, elle a fait vendre beaucoup de papier, une bande dessinée est même en préparation", prône-t-il auprès de nos confrères, estimant que cette "marque Benalla" ne lui est pas préjudiciable à l’étranger, comme en Afrique, où "l’affaire est prise avec beaucoup plus de distance et on considère que les Français sont devenus fous sur ce sujet". 

Il présente son "aventure entrepreneuriale" comme "aussi intéressante que l’aventure élyséenne" qu'il a vécu "en accompagnant Emmanuel Macron de la candidature à la présidence".

Enfin, dans cette interview, Alexandre Benalla n'épargne pas le site d'investigation Mediapart qui a mis au jour certains volets de l'affaire. Il dénonce "une instrumentalisation politique et une manipulation médiatique de la part de Mediapart et d'Edwy Plenel qui sont en quelque sorte les ‘Breitbart’ et Steve Banon d’une certaine gauche française". "Mis à part les manipulations de Mediapart, les médias français ont fait leur travail en informant les gens de ce qu’ils ont pu percevoir comme étrange, bizarre, bancal, voire borderline et illégal".

Jeanne Bulant