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Trocadéro: Fillon ne lâche pas prise, et s'appuie sur ses soutiens

François Fillon et ses proches au Trocadéro.

François Fillon et ses proches au Trocadéro. - Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

De plus en plus isolé, François a rassemblé ses supporteurs ce dimanche au Trocadéro. L'occasion de s'excuser et de pointer du doigt ceux qui quittent le navire, tout en se gardant bien cette fois-ci de dire qu'il irait "jusqu'au bout".

"Ils veulent que je sois seul. Est-ce que je suis seul?" Devant près de 30.000 militants (entre 300 et 400.000 selon les organisateurs) et sous une pluie battante, le discours de Fillon au Trocadéro ce dimanche a pris des allures de tentative de la dernière chance. Après avoir fait son mea culpa, admettant qu'il avait fait des "erreurs", notamment celle d'avoir embauché sa femme, il a appelé ses soutiens à ne "jamais baisser les bras".

François Fillon a également assuré avoir fait son "examen de conscience" et a demandé à son camp de faire de même, soulignant "la responsabilité immense" de "ceux qui fuient le navire".

"Laisserez-vous les passions du moment l'emporter sur les nécessités nationales? Laisserez-vous les intérêts de factions et de carrière et les arrière-pensées de tous ordres l'emporter sur la grandeur et la cohérence d'un projet adopté par plus de quatre millions d'électeurs?" a-t-il lancé avec pugnacité aux ténors LR.

Les Républicains s'agitent en coulisse

Faut-il en déduire que le candidat, qui fait face à des défections en série dans son camp et qui sera prochainement convoqué devant des juges dans les affaires d'emplois fictifs qui pèsent sur lui, se maintient contre vents et marées? Pas si sûr. À aucune reprise pendant son discours François Fillon n'a répété avec la même clarté ce qu'il avait si bien exprimé mercredi dernier, à savoir qu'il ne "se retirerait pas" et qu'il irait "jusqu'au bout". 

Pendant ce temps, les élus Républicains s'agitent en coulisse. Dans l'après-midi sur BFMTV, Christian Estrosi, un proche de Nicolas Sarkozy, a révélé qu'il allait, avec d'autres élus comme Valérie Pécresse ou encore Xavier Bertrand, proposer une "initiative" pour garantir une véritable alternance, la campagne de François Fillon étant voué à "l'échec". Quelques minutes après cette intervention télévisée, l'entourage d'Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'ils s'étaient parlé samedi soir pour étudier d'éventuelles "sorties de crise".

Une communication floue

Lors de son discours au Trocadéro, l'ancien Premier ministre a pourtant rappelé à ses "amis politiques" que le choix de l'évincer de la course ne leur "appartenait" pas totalement. Rejoint à la tribune par son épouse Penelope Fillon, le vainqueur de la primaire de la droite a remis son sort entre les mains de ses électeurs:

"Ce choix est le vôtre, celui de vos suffrages et à travers eux de vos espérances."

La communication du candidat est tout aussi floue. Après avoir décliné une invitation au 20 heures de France 2, les proches de François Fillon ont finalement fait marche arrière et annoncé... l'inverse. Mais le mystère plane encore sur sa participation, lundi matin, à la matinale d'Europe 1. Le journaliste Thomas Sotto avait annoncé sur Twitter que François Fillon avait annulé sa participation... Pour l'instant, pas de démenti.

Avant que François Fillon ne s’exprime devant la foule, son épouse Pénélope, qui était restée jusqu'ici très discrète, a répondu à une interview du Journal du Dimanche. Elle y fait part de son soutien indéfectible à son époux auquel elle conseille de continuer à se battre.

Maëva Poulet