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Taxi et VTC: Thévenoud assure le service après-vente

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Le député de Saône-et-Loire a passé la journée à bord d'un taxi et d'un véhicule de transport avec chauffeur. Objectif: observer l'application de la loi qui porte son nom.

Un an après le vote de la loi Thévenoud sur les taxis et les véhicules de transport avec chauffeur (VTC), le député, mis au ban du groupe socialiste à l'Assemblée à cause de ses déboires fiscaux, a décidé d'assurer lui-même le service après-vente de sa loi.

Comme le rappelait Libération la semaine passée, l'élu de Saône-et-Loire avait pris soin d'inscrire dans le texte un article stipulant qu'un rapport sur l'application du texte serait préparé pour le premier anniversaire de son entrée en vigueur, le 1er octobre. 

Mais ne voyant rien venir, Thomas Thévenoud a décidé de vérifier lui-même comment les choses se passent. Lundi, il a donc passé la matinée dans un VTC et l'après-midi dans un taxi. "C'est important ce travail d'évaluation. Notre rôle, ce n'est pas seulement d'écrire la loi", justifie-t-il dans Le Parisien. Une "tournée" bien préparée, deux jours après l'annonce de sa candidature aux législatives de 2017.

"Le seul capable de réunir taxis et VTC, c'est moi"

Première étape, premier échec: alors qu'il se présente comme "député" qui "veille à l'application" de sa loi, Thomas Thévenoud voit le chauffeur de VTC secouer la tête, prêt à faire demi-tour, raconte le quotidien. "Selon votre loi, en attendant d'être appelé par un nouveau client, je dois retourner à ma base", explique le chauffeur. "Mais ma base elle est à Asnières". Or la scène se déroule place de la Madeleine, dans le 9e arrondissement de Paris. Mais le chauffeur risque 1.500 euros d'amende s'il ne rentre pas. L'élu admet la difficulté, et affirme avoir écrit à Manuel Valls pour lui signaler ce genre d'informations.

Le même problème est évoqué quelques minutes plus tard, cette fois à bord d'un taxi. Le chauffeur maugrée en constatant que les VTC rôdent à la recherche d'un client, plutôt que de rentrer à leur base. La concurrence est rude. "Le gouvernement laisse pourrir la situation jusqu'à ce que ça explose", accuse l'homme au volant.

Thomas Thévenoud reconnaît que le dossier n'est "pas valorisant" pour un politique, et met en avant "sa" solution: la modernisation des taxis et le respect des règles pour les VTC. "Le seul capable de réunir taxis et VTC autour d’une table, c’est moi”, lance-t-il aux Inrocks. Mais concrètement, pas sûr que cela suffise à satisfaire les intéressés.

A. K.