BFMTV

Sondage: Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon à égalité au premier tour

-

- - BFMTV

Ex-aequo à 12 ou 13% selon les hypothèses étudiées par un sondage Elabe pour BFMTV, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ne se détachent pas l'un de l'autre dans les intentions de votes.

Peu importe les schémas envisagés, l'égalité est parfaite entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon dans les intentions de votes à la présidentielle relevées par un sondage Elabe pour BFMTV, publié ce mardi. En cas de candidature de François Bayrou, le leader de la "France insoumise" et le représentant du Parti socialiste et de ses alliés recueillent 12% des suffrages fictifs exprimés dans l'étude. Sans le maire de Pau, ils se situent tous deux à 13%. 

Le "pire scénario pour Benoît Hamon"

Si les deux hommes sont donc au même niveau dans le sondage, la lecture à faire de ce dernier est différente. En effet, là où Jean-Luc Mélenchon est stable, Benoît Hamon chute de 2,5 à 3 points. Camille Langlade, journaliste politique de BFMTV, le note ce mardi soir: 

"C’est le pire scénario qu’on pouvait imaginer pour Benoît Hamon. Il y a toujours un trou d’air ou un faux-plat pour le vainqueur d’une primaire mais là, il perd quand même trois points ou deux points et demi. Pourquoi? parce qu’il a trop parlé à Jean-Luc Mélenchon et à Yannick Jadot pour essayer de faire l‘union et pas assez aux Français. Les Français, ça ne les intéresse pas, ces histoires de tambouille, de cuisine d’appareils."

Ces tractations du membre du PS, infructueuse pour ce qui est de celles entreprises avec Jean-Luc Mélenchon et prolongées dans le cas du candidat écologiste Yannick Jadot, ont en plus la conséquence de rendre invisible sa campagne, poursuit la chroniqueuse: "Il n’a pas fait beaucoup de meetings, un seul je crois, même si ce soir il est à Blois avec une formule plus participative. Il a fait quelques essais mais trop anecdotiques. Pour l’instant, les Français n’imaginent pas ce qu’est la campagne de Benoît Hamon et ça c’est un changement avec la primaire car durant celle-ci il avait marqué les esprits avec le revenu universel. Il doit trouver quelque chose pour rebondir."

Une formule "perdant-perdant"

Le score actuel des deux rivaux à gauche est d'ailleurs dû au profil du député élu dans les Yvelines, vainqueur surprise de la primaire, rappelle Bernard Sananès, président de l'institut Elabe:

"Si Benoît Hamon est arrivé à fixer une partie de l’électorat du PS qui étaient proches des frondeurs, et qui tant qu’il n'était pas candidat indiquait voter Jean-Luc Mélenchon, il y a un vrai trouble chez les électeurs socialistes plus légitimistes. Il ne rassemble qu’un tiers des électeurs qui avaient choisi François Hollande au premier tour en 2012. La part de ceux qui ne se prononcent pas parmi les anciens électeurs de François Hollande augmente."

En quelque sorte, Benoît Hamon a mordu sur la part des sympathisants de Jean-Luc Mélenchon sans fédérer son propre camp...et sans même réussir à prendre le meilleur sur le dirigeant du parti de gauche. Le danger est grand donc pour Benoît Hamon, ainsi que pour la famille politique qu'il représente, analyse la rédactrice en chef politique de Marianne, Soazig Quéméner, invitée sur notre antenne:

"La question, c’est est-ce qu’on se retrouve dans une situation à la grecque avec quasiment la disparition du Parti socialiste grec et puis Syriza qui est passé devant, Syriza qui était l’exemple de Jean-Luc Mélenchon au début?"

L'argument du vote utile ne paiera pas éternellement

Pour écarter ce péril et lâcher Jean-Luc Mélenchon dans la cote (de popularité), les partisans de Benoît Hamon jouent désormais la corde du vote utile. "Nos concitoyens doivent se demander qui est le plus efficace pour battre la droite. Benoît Hamon est un vote efficace car il est central dans la gauche", milite le porte-parole du candidat, Jérôme Guedj, par ailleurs ancien assistant parlementaire de Jean-Luc Mélenchon au Sénat. Même chose, un peu plus tard, pour la députée élu dans la Moselle, Aurélie Filipetti:

"La candidature de Benoît Hamon peut permettre qu'on évite un second tour catastrophique entre Fillon et le Pen. (…) Les électeurs sont plus intelligents que les appareils. Cela se passera dans les urnes. Les électeurs de Mélenchon devront prendre leur responsabilité. S'il n'y a pas d'accord, il y a aussi la responsabilité de chacun."

Pas sûr cependant que cet argumentaire trouve preneur ces prochaines semaines. "La dynamique, moins favorable pour Benoît Hamon actuellement, peut avoir un impact sur un électorat pour qui l’argument du vote utile est très important à 60 jours de la campagne. Et si les deux candidats de gauche apparaissent au même niveau, si aucun des deux ne se détache, ça peut jouer contre le vote utile", pose Bernard Sananès. 

dossier :

Benoît Hamon

R.V.