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La campagne de Mélenchon perturbée par Hamon

Benoît Hamon et Yannick Jadot ne sont plus très loin de parvenir à un accord...dont serait vraisemblablement exclu Jean-Luc Mélenchon. Pendant ce temps, le Parti communiste, qui soutient le leader de la "France insoumise", veut lancer un cycle de rencontres avec ces trois hommes.

Y ont-ils jamais cru et en avaient-ils vraiment envie? Entre Jean-Luc Mélenchon, leader de la "France insoumise" lancé depuis plus d'un an dans l'aventure présidentielle, et Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste et de ses alliés, le mariage semblait par nature impossible, malgré des convergences de fond. Il paraît déjà moribond.

Un alliance avortée

L'illusion n'a même pas duré trois semaines, après la victoire du député élu dans les Yvelines à la primaire de son camp. "En vrai, on n'a jamais commencé à discuter sérieusement avec Jean-Luc Mélenchon", convient un proche du candidat du PS. Les deux hommes avaient cependant convenu, lors d'une conversation téléphonique ce vendredi, de se rencontrer à la fin de cette semaine. "Je ne vais pas m'accrocher à un corbillard", avait pourtant lancé quelques heures plus tard sur BFMTV Jean-Luc Mélenchon à propos du Parti socialiste. À quoi Benoît Hamon a rétorqué: "Je ne courrai pas après Jean-Luc Mélenchon", fermant la porte à une alliance.

Il faut dire que les conditions avancées par le député européen pour un éventuel accord étaient "fortes", selon la formule utilisée ce dimanche par son concurrent à gauche: des "garanties" sur la stratégie européenne, motif central de divergence entre les deux candidats, mais aussi la demande du retrait des ministres du quinquennat finissant investitures pour les législatives, "une vingtaine" selon un cadre de "La France insoumise".

La main reste tendue

Accusé de compromissions sur sa ligne politique pour satisfaire un camp fracturé entre le bilan du quinquennat sortant, le désaveu de Manuel Valls et la promotion d'un ancien ministre devenu chef de file des députés frondeurs, Benoît Hamon est même soupçonné de préparer un accord au bout du chemin avec Emmanuel Macron. Benoît Hamon est "sous influence solférinienne", juge même Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.

De son côté, ce dernier a bâti en un an une structure qui revendique 250.000 adhérents et un programme étoffé qu'il paraît difficile de détricoter à deux mois du premier tour de l'élection présidentielle, au motif d'une alliance avec un parti honni durant le quinquennat. Mais, pour chacun, hors de question toutefois d'apparaître comme le fossoyeur du rassemblement. "La main, elle est tendue, elle le reste", assure ainsi Alexis Bachelay, porte-parole de Benoît Hamon.

L'accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadot progresse (lentement mais) sûrement

Dans le même temps, celui-ci tarde à finaliser l'accord avec l'écologiste Yannick Jadot, annoncé comme imminent depuis plusieurs jours. Ce lundi, les deux hommes se sont rencontrés deux heures durant dans une brasserie parisienne. "Nous avons des convergences sur les grandes perspectives mais sur les points d'étape et la mise en oeuvre concrète, on n'y est pas du tout", a expliqué David Cormand, secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts, en citant en guise d'exemple les étapes de fermeture des réacteurs nucléaires.

Selon lui, les discussions devraient s'étaler encore pendant deux jours et un document devrait être présenté jeudi matin au comité de campagne de Yannick Jadot, avant un éventuel vote des militants le week-end prochain.

Le Parti communiste veut encore essayer

Devant ce rapprochement possible dont son représentant serait exclu, le PCF va publier ce mardi matin un texte pour "hausser le ton" et proposer un "pacte majoritaire à gauche" destiné à "remettre quelque chose de positif à l'horizon". Outre une "adresse au peuple de France" sur le risque d'une victoire du Front national, le Parti communiste annoncera un calendrier de rencontres, dès cette semaine, avec Jean-Luc Mélenchon, que le parti continue à soutenir à la présidentielle, Benoît Hamon, candidat PS et Europe Ecologie-Les Verts, a précisé ce lundi Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

Il s'agit de "proposer un pacte majoritaire à gauche, où nous pourrions, au delà de nos débats, nous entendre sur l'essentiel: la VIe République, une Loi Travail pour le XXIe siècle, la relance industrielle articulée à la transition écologique et la sortie de l'Europe de l'austérité", a-t-il résumé. Il a précisé que le PCF se placerait dans un rôle de médiateur, disant "qui et quand" il rencontrerait et donnant "la nature exacte de la réponse donnée, en toute transparence".

R.V. avec AFP