BFMTV

Sondage: 8 Français sur 10 jugent efficace l’expulsion du territoire des étrangers fichés S

Un policier marche dans les rues du IIe arrondissement de Paris après une attaque au couteau, le 12 mai 2018

Un policier marche dans les rues du IIe arrondissement de Paris après une attaque au couteau, le 12 mai 2018 - Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

Après que samedi soir dernier, un homme a tué Ronan à Paris et blessé quatre autres personnes, l'institut Elabe a interrogé les Français pour entendre leur sentiment sur la politique mise en place pour lutter contre le terrorisme.

Quelques jours après que Khamzat Azimov a tué un homme dans le IIe arrondissement de Paris, blessant quatre personnes, l'institut Elabe a sondé les Français au sujet de la politique antiterroriste du pays dans sa dernière enquête "L'Opinion en direct" publiée ce mercredi. 

Le rétablissement éventuel de l'état d'urgence ne convainc pas vraiment

Les sondeurs ont proposé à leur panel un ensemble de mesures, à charge pour les Français interrogés d'estimer l'efficacité de ces pistes. L'isolement des détenus radicaux au sein des prisons est largement plébiscité, dans la mesure où 84% s'accordent sur l'efficacité d'une telle hypothèse. La possibilité de renforcer en agents et en moyens les renseignements convainc 83% des sondés. L'expulsion du territoire français des individus fichés S, fichier qui n'est pourtant en rien une décision judiciaire mais un outil de suivi et d'évaluation à disposition des renseignements et des forces de l'ordre, de nationalité étrangère emporte l'adhésion de 80% des personnes sollicitées. 77% d'entre elles pensent qu'ils seraient judicieux de fermer la porte devant tout retour éventuel de Français partis en Syrie ou en Irak. Les Français seraient 74% à voir d'un bon œil la déchéance de nationalité des binationaux condamnés pour terrorisme. Enfin l'internement des individus fichés S jugés les plus dangereux serait considéré comme efficace par le même pourcentage. 

En revanche, le rétablissement de l'état d'urgence provoque un sentiment mitigé, n'apparaissant comme efficace qu'à 53% de nos compatriotes. 

Une France divisée

S'agissant du dispositif déjà en place, qu'en est-il? Il divise strictement l'électorat qui se sépare en deux ensembles de 50%. Pour les uns, l'exécutif met bien tout en oeuvre pour lutter contre le terrorisme, quand les autres tiennent l'avis inverse. Pas brillant donc pour le gouvernement, toutefois, il faut noter que la confiance dans sa gestion de ces événements a progressé de huit points depuis la précédente mesure réalisée le 28 mars dernier peu après les attentats de Carcassonne et Trèbes. Comme toujours, les cadres sont les plus prompts à donner un satisfecit à l'exécutif, avec un soutien de 61%. Les classes moyennes tombent d'accord sur ce point pour 57% de ses membres, ce qui représente une hausse de dix points. Après une augmentation de quinze points, les classes populaires ne donnent qu'un score de 44% quant à elles. 

Les électorats rendent des sons différents sur ce thème. 83% des sympathisants d'Emmanuel Macron et 61% de ceux de Benoît Hamon pensent que tout est mis en oeuvre dans cette lutte cruciale. Les électeurs de François Fillon ne sont que 49% à en dire autant tandis que le score tombe à 45% parmi les partisans de Jean-Luc Mélenchon. Pour 80% des soutiens de Marine Le Pen, cependant, non, toutes les ressources ne sont pas employées dans le combat face au terrorisme. 

60% des Français ne font pas confiance à la justice 

Emmanuel Macron et Gérard Collomb ne sont pas forcément les hommes de la situation sur ce chapitre et ce, pour la majorité des Français. Ainsi, 56% des Français ne placent pas leur confiance en Emmanuel Macron sur ce point et 61% se défient de son ministre de l'Intérieur. A l'opposé, 86% des Français s'en remettent sereinement à l'armée pour lutter contre les terroristes, 84% font de même envers les forces de l'ordre et ils sont 67% à accorder tout crédit au services de renseignement. 

Ils sont toutefois 60% à ne pas faire confiance ici au travail de la justice. 

Echantillon de 1.004 personnes représentatif de la population français âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie. Interrogation par Internet les 15 et 16 mai 2018. 

Robin Verner