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Sondage: 58% des Français jugent que l'exécutif ne met pas tout en œuvre contre le terrorisme

Quelques jours après la série d'attaques dans l'Aude, l'institut Elabe a sondé, dans une enquête d'opinion que nous publions ce mercredi, les Français au sujet des moyens mis en œuvre par l'Etat pour lutter contre le terrorisme. Selon nos concitoyens, Emmanuel Macron et le gouvernement d'Edouard Philippe n'ont pas pris toutes les dispositions nécessaires. Ils n'estiment pas pour autant qu'une majorité différente obtiendrait de meilleurs résultats.

Quelques jours après les actes terroristes qui ont ensanglanté Carcassonne et Trèbes dans l'Aude, l'institut Elabe a posé la question suivante à un panel de Français: "Selon vous, Emmanuel Macron et le gouvernement d'Edouard Philippe mettent-ils en œuvre tous les moyens nécessaires à la lutte contre la menace terroriste en France?" Le retour aura une résonance désagréable aux oreilles de l'exécutif: 58% des sondés répondent en effet par la négative. 42% de l'échantillon posent en revanche que tous les moyens sont employés dans la lutte contre ce fléau. 

Les autres mouvements ne feraient "ni mieux ni moins bien" selon les Français

Si l'on jette un œil plus directement politique aux résultats, on s'aperçoit que les électorats d'Emmanuel Macron, à hauteur de 77%, et de Benoît Hamon, 63%, lors du premier tour de la présidentielle jugent que les efforts gouvernementaux en la matière sont suffisants. Les autres sympathies politiques tiennent la position inverse, à des degrés différents. 60% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon assurent ainsi que tous les moyens ne sont pas mis en place par le sommet de l'Etat contre la menace, et la statistique grimpe respectivement à 66% et 86% chez les partisans de François Fillon et Marine Le Pen. 

Si les Français ne sont pas convaincus par l'action conduite par la majorité actuelle à ce sujet, pensent-ils que d'autres forces politiques réussiraient mieux dans les mêmes circonstances? Apparemment, non. Pour 70% des Français, Les Républicains ne feraient ni mieux ni moins bien. Ils sont 67% à faire la même projection s'agissant du Parti socialiste et 53% à la réitérer pour la France insoumise. Ils sont enfin 39% à dire la même chose au sujet du Front national, ce qui constitue encore une majorité relative. 29% des sondés estiment que le FN ferait moins bien que l'exécutif mais ils sont aussi 31% à déclarer que le mouvement frontiste ferait mieux. 

Les Français ne veulent pas de polémique après des actes terroristes 

Elabe a également cité un certain nombre de mesures évoquées dans le débat et a cherché à savoir si les Français croyaient ou non en leur efficacité. Sur les sept articles mentionnés, six obtiennent un large assentiment. Il s'agit des dispositions suivantes: isoler les détenus radicalisés des autres personnes incarcérées en prison (efficace pour 84% des Français dont 48% très efficace), renforcer les moyens financiers et humains du renseignement (efficace pour 84%), expulser du territoire français les individus fichés S de nationalité étrangère (efficace pour 80% des sondés), interdire le retour des Français partis en Irak et en Syrie (efficace pour 78% des sondés), mettre en rétention administrative (internement) les individus fichés S jugés les plus dangereux (efficace pour 73% des personnes interrogées), et enfin déchoir de la nationalité française les individus binationaux condamnés pour terrorisme (efficace pour 72%).

Une majorité assure aussi que les responsables politiques ne doivent pas faire des attaques terroristes des sujets de polémiques. Ils sont 56% à voir les choses ainsi. 43% des personnes questionnées estiment en revanche qu'il est normal pour ces mêmes responsables d'exprimer leurs désaccords et critiques après des attaques terroristes. Les électeurs de Benoît Hamon et Emmanuel Macron désapprouvent nettement ces polémiques: avec des taux respectifs de 65% et 77%. Ceux de Jean-Luc Mélenchon et François Fillon sont plus partagés, avec des niveaux de 52% et 51% de sondés estimant que les personnalités politiques ne doivent pas susciter ce type de controverses. Pour 60% des électeurs de Marine Le Pen, cependant, il est normal d'exprimer ses désaccords et critiques éventuels. 

Echantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération. Interrogation par Internet les 27 et 28 mars 2018. 

Robin Verner